30 novembre 2008

Show, don't tell / agis au lieu de causer


En partenariat avec Dhirubhai Ambani International School / Daly College Mumbai, Indore INDE, mon employeur, l’Ermitage – Ecole Internationale de France, propose tous les ans à ses élèves dans le cadre du principe Round Square dont l'établissement est membre actif, un voyage à but humanitaire. Cette année, ce sera de nouveau à Mumbai (Bombay, Inde), et je suis censée y aller.
Cet après-midi, j'étais en dédicace au salon du livre pour la jeunesse de Montreuil, et, en discutant de tout et de rien avec Xavier Mauméjean, j'ai réalisé qu'effectivement je n'avais jamais évoqué ce point parmi mes centres d'intérêts, sur mon site ou sur ce blog.


Bâti autour de la solidarité, la conscience interculturelle et l’échange international, ce séjour donnera l’opportunité aux élèves de participer à plusieurs projets de solidarité en partenariat avec l’APEFIB (Association pour les écoles franco-indiennes de Bombay), la Dhirubai Ambani International School et la Muktangan Foundation and School. Les élèves participeront également à la poursuite de notre projet,‘ICU2’, dont le but est de procéder à des tests, dans des écoles indiennes, afin de dépister d’éventuels problèmes de vue et de pouvoir fournir, par la suite, les lunettes ou des soins appropriés. Cette action se déroulera sur 2 sites, un à Mumbai et l’autre à Indore en partenariat avec le « Daly College ». Pour ces projets, nous travaillerons avec l’Ecole d’Optométrie de Bures sur Yvette et le Lotus College of Optometry de Mumbai. Nous projetons de nous associer avec une autre association, l’ARPHEN, dans le but de participer à la construction d’un centre de communauté dans le quartier de NEW MUMBAI pour les ouvriers de la plus importante carrière de pierre de la ville.

Au cours de ce séjour, nous travaillerons notamment dans le bus de Pierre Péan, avec des enfants du bidonville de Malad et feront d’étonnantes découvertes dans cette merveilleuse et grouillante ville qu’est Mumbai.

Ce voyage s’adresse aux élèves motivés, sérieux et capables de contribuer activement et positivement à la vie d’un groupe et qui ont le désir de donner le meilleur d’eux-mêmes dans des conditions qui seront parfois difficiles, notamment dues à la grande chaleur et un certain manque de confort.

Néanmoins, en pleine organisation du séjour (février prochain), les événements de la semaine passée à Bombay sont inquiétants et risquent de faire capoter le projet.

Ebranlée par 60 heures de carnage, Mumbai (ex-Bombay), la capitale économique de l'Inde, pansait ses plaies dimanche, pleurant ses morts alors que le Cafe Leopold, une des cibles des terroristes, a rouvert ses portes. Un jour après la fin du siège, des cadavres continuaient d'être sortis de l'hôtel Taj Mahal, alors que le dernier bilan, revu à la baisse mais encore susceptible de bouger, s'établissait à 174 morts. Prenant sur lui la responsabilité de ces attaques, le ministre de l'Intérieur Shivraj Patil a présenté sa démission dans la journée tandis que le chef du gouvernement Manmohan Singh a convoqué une réunion extraordinaire des responsables des principaux partis politiques du pays pour évaluer la situation. Dans la matinée, le célèbre hôtel Taj Majal, un des monuments symboles de la ville, était entouré de barrières métalliques. Non loin de là, à la Porte de l'Inde, l'arche de basalte qui représente le principal monument de Mumbai, un mémorial a été improvisé, bougies, fleurs et messages rendant hommage aux victimes des attentats lancés mercredi soir. "Nous sommes déjà allés à deux funérailles", expliquait Karin Dutta, en déposant un petit bouquet de fleurs blanches pour ses amis morts au Taj Mahal. "Nous allons à une troisième cérémonie maintenant".

Dimanche après-midi, l'un des dix sites prisés pour cibles par les terroristes, le Cafe Leopold, restaurant très fréquenté par les touristes, a rouvert ses portes.

Les autorités indiennes ont ramené le bilan à 174 morts, après en avoir annoncé 195, expliquant que dans le chaos, certains corps avaient été comptés deux fois. Le bilan pourrait cependant remonter à nouveau, car certains secteurs de l'immense Taj Mahal continuaient d'être fouillés dimanche. Parmi les morts, on dénombre 18 étrangers, dont six Américains et deux Français. Neuf des dix assaillants ont été tués, selon la police. Un haut responsable des forces de police de Mumbai a affirmé dimanche que le groupe pakistanais Lashkar-e-Taiba (L-e-T) était responsable des attentats. D'après Rakesh Maria, les terroristes appartiennent à une "aile dure du L-e-T". Le Lashkar-e-Taiba a longtemps été considéré comme une création des services de renseignement pakistanais pour semer le conflit au Cachemire indien. Le seul assaillant capturé vivant, Ajmal Qasab, actuellement interrogé, est originaire du Pakistan. Il a affirmé aux autorités qu'il appartenait au Lashkar-e-Taiba, selon Rakesh Maria.

"Ajmal Qasab a reçu une formation dans un camp d'entraînement du L-e-T au Pakistan", a précisé le haut responsable de la police. "Notre interrogatoire montre que les terroristes avaient d'autres lieux qu'ils avaient aussi l'intention de viser".

Si Islamabad dément toute implication, la tension est à son comble entre les deux pays, voisins et rivaux. Le ministère indien de l'Intérieur ne pouvait être joint dans l'immédiat.

"Face à cette menace nationale et à la suite de cette tragédie nationale, chacun de nous, membres des différents partis politiques, doit passer outre les considérations bassement politiques et rester uni", a déclaré le Premier ministre indien Manhoman Singh.

Il a aussi désigné le ministre des Finances Palaniappan Chidambaram, un avocat ayant étudié à l'université d'Harvard, pour remplacer Shivraj Patil, qui a démissionné de son poste de ministre de l'Intérieur. M. Chidambaram a déjà été ministre de la Sécurité intérieure dans les années 1980, dans le gouvernement de Rajiv Gandhi. Alors que les médias indiens ont rapidement fait porter les soupçons sur le Lashkar-e-Taiba, nombre de questions attendent des réponses: comment entre autres un si petit nombre de terroristes, certains si jeunes qu'ils avaient l'air de lycéens, ont-ils pu causer de tels dégâts? Selon R.R. Patil, adjoint du ministre en chef de l'Etat du Maharashtra, l'enquête laisse penser que les assaillants avaient l'intention de massacrer 5.000 personnes.

Les agresseurs, aussi bien entraînés que déterminés, étaient également très bien équipés, selon les responsables de l'enquête: armes sophistiquées, munitions en quantité, GPS, téléphones portables et satellite pour communiquer... Pendant plus de deux jours d'affrontements, ils ont de manière répétée contacté un pays étranger qui n'a pas été identifié. D'après un Américain responsable de l'anti-terrorisme, le mode opératoire semblait en harmonie avec le Lashkar et le Jaish-e-Mohammed, autre mouvement opérant au Cachemire, tous deux considérés comme ayant des liens avec al-Qaïda. Le président américain George W. Bush a appelé dimanche le Premier ministre indien Manmohan Singh et lui a assuré que Washington fournirait toute l'aide nécessaire dans l'enquête sur les attaques de Mumbai, selon la Maison Blanche. De son côté, le président russe Dimitri Medvedev s'est engagé à accroître la coopération avec l'Inde dans la lutte contre le terrorisme, lors d'une conversation téléphonique avec M. Singh. Ce sujet sera évoqué lors d'une visite, prévue avant les attaques, de M. Medvedev en Inde, a précisé le Kremlin.

Tout cela est bien préoccupant, et j'espère que cela ne remettra pas en question la finalisation de l'organisation. Il va de soi que l' école ne peut prendre le risque d'emmener les lycéens dans un tel contexte, même si l'on peut imaginer que tout cela se sera tassé d'ici février, et que de toute façon les sites de travail de l'opération sont à plus d'une heure de voiture de Bombay.

Participer à ce voyage humanitaire est important pour moi. C'est une chance de pouvoir apporter sa petite pierre en donnant un peu de soi, bien sûr. Mais, me dira-t-on, est-il besoin de partir si loin alors que des actions humanitaires sont nécessaires à Paris même ? Oui, évidemment. Mais se confronter l'autre, s'ouvrir sur ses différences tant humaines que culturelles, c'est aussi ce que je recherche. Le monde est vaste, et mon univers est bien étriqué...

et si mon éditeur me répète sans arrêt "show, don't tell", j'aurais envie de dire "do, don't talk".

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Que tu sois pudique est tout à ton honneur. Loin de la bonne conscience qui se régale de mots et ne fait rien, toi tu agis.
Bise,
Xavier

Claire PANIER-ALIX a dit…

Bof, je n'agis pas à grande échelle, il ne faut rien exagérer non plus. Et puis bonne conscience ou pas, l'idée reste un peu égoïste quand même, donner du sens à une existence et ouvrir un peu sa bulle. Ecrire en créant des mondes ou en en rescucitant d'autres, c'est bien un moment, mais toujours sur mon bon vieux credo du "contenu plus vaste que le contenant", j'ai besoin aussi de sortir de moi-même. En plus, pour ceux qui ne l'ont jamais essayé, je garantis que ce genre de trip ça vous relativise tout et vous donne un sacré bon coup de pied au derrière.
Or, j'ai besoin de rebondir. Alors, le faire en échangeant, c'est du tout bon. Et je partage ton point de vue, quand on se croit au fond du sac, il y a mieux à faire que de se foutre en l'air même si ça semble séduisant de prime abord... C'est très con et assez odieux pour ceux qui se battent, en fait. Alors si on a le dégoût de soi assez développé pour vouloir en finir, autant préférer donner son énergie aux combats utiles, même à toute petite échelle.

Anonyme a dit…

Moi je dis "bravo"!
Dès que ça se plaint autour de moi, je dis souvent "pensez donc à ceux qui sont plus loin et ont moins que rien..."!
En France, on se plaint d'aises pour la plupart...
Que des beaux mots, jamais d'actes sincères et utiles...
Là, je suis ingrate avec ceux qui agissent dans l'ombre mais je leur tire mon chapeau...
Chacun ses combats, moi, je me bats aussi contre des moulins à vents dans les actiosn qui me tiennent à coeur mais je continue à mon niveau et ça permet d'avancer et de relativiser beaucoup de choses, en effet...
Bisous,
Anne-Sophie P