Et hop ! manuscrit maya imprimé/posté, il est temps de revenir à celui que j'ai laissé en chantier depuis le mois d'octobre : le dernier volet des chroniques insulaires, Sang d'Irah 2 : "L'étendard en lambeaux".
Avec ces 8 mois de recul (bien remplis puisqu'en plus de ce roman jeunesse, j'ai écrit une préface et une nouvelle SF pour les éditions Rivière Blanche, participé à une autre préface, fait un peu de politique, survécu à un deuil (mais ce n'est pas gagné, heureusement qu'il y a l'écriture et les amis)), je sens que je vais pouvoir en venir à bout plus sereinement (c'est là qu'elle croise les doigts dans le dos, crache par terre et jète une poignée de sel par dessus son épaule).
Au programme ces deux prochaines semaines : une relecture attentive du manuscrit et des notes laissés en plan (façon de parler). Débroussaillage et corrections. A froid, je vais pouvoir vérifier les lignes de force et je pense être en mesure, maintenant, de trouver ce qui me bloquait l'été dernier.
L'avantage, c'est que ça va aussi me permettre de prendre le recul nécessaire par rapport aux Songes de Tulà, en lecture chez mon éditeur, pour être prête le moment venu pour les corrections et éventuels remaniements.
yeah...! (fait craquer ses jointures...)
mais avant tout ça, un break salvateur et bien mérité : jeudi, c'est férié, et c'est la visite traditionnelle chez les bouquinistes et vide-greniers ! ce sera aussi la remise non moins traditionnelle de mon manuscrit maya à mon lecteur-test préféré : suspense suspense...
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15 mai 2007
28 avril 2007
Les songes de Tulà : J... J + ?
argh et re-argh ! ce que je redoute à chaque fois que je suis en train de terminer un roman est arrivé ! je me suis fait putschée par l'un de mes personnages...
je n'ai aucune volonté...
du coup, j'ai pris du retard, je dois revenir un peu en amont, détricoter, remailler...
en plus, pour ne rien arranger, il fait beau, les zoziaux chantent, les amis me sollicitent sans arrêt pour aller manger un bout ou boire un verre en terrasse...
Tiens, hier soir, dîner super sympa aux Lilas avec des lecteurs, Jacques Sirgent (spécialiste des vampires) et quelques auteurs des éditions Nuit d'Avril dont Emmanuelle Maia dont j'ai beaucoup aimé le roman "Resurgences"...
bon, je vais me fustiger sévèrement et me remettre au travail, saperlipopette !
je n'ai aucune volonté...
du coup, j'ai pris du retard, je dois revenir un peu en amont, détricoter, remailler...
en plus, pour ne rien arranger, il fait beau, les zoziaux chantent, les amis me sollicitent sans arrêt pour aller manger un bout ou boire un verre en terrasse...
Tiens, hier soir, dîner super sympa aux Lilas avec des lecteurs, Jacques Sirgent (spécialiste des vampires) et quelques auteurs des éditions Nuit d'Avril dont Emmanuelle Maia dont j'ai beaucoup aimé le roman "Resurgences"...
bon, je vais me fustiger sévèrement et me remettre au travail, saperlipopette !
20 avril 2007
Les songes de Tulà : J-3
Le rythme s'accélère, la fin approche, l'intrigue se dénoue... Et je me rassure. Je tiendrais les délais malgré cette année folle-folle qui a rendu mon écriture cahotique.
Allons allons...
Je m'accorderai juste le break électoral de dimanche pour aller respirer ailleurs après avoir voté (eh oui, je suis du matin, je n'attendrai pas 18h, moi...) avant de conclure mon pacte avec Quetzalcoàtl lundi ou mardi prochains.
Ensuite, j'aurai tout le mois de mai pour repasser ma copie, traquer les fioritures inutiles, les tics habituels, lisser l'ensemble, rajouter un peu de vie aux dialogues, le boulot habituel avant de passer la main au big boss...
J'ai hâte d'en avoir terminé pour pouvoir me remettre à mes textes en cours, laissés en plan l'an dernier...
Allons allons...
Je m'accorderai juste le break électoral de dimanche pour aller respirer ailleurs après avoir voté (eh oui, je suis du matin, je n'attendrai pas 18h, moi...) avant de conclure mon pacte avec Quetzalcoàtl lundi ou mardi prochains.
Ensuite, j'aurai tout le mois de mai pour repasser ma copie, traquer les fioritures inutiles, les tics habituels, lisser l'ensemble, rajouter un peu de vie aux dialogues, le boulot habituel avant de passer la main au big boss...
J'ai hâte d'en avoir terminé pour pouvoir me remettre à mes textes en cours, laissés en plan l'an dernier...
18 avril 2007
Les songes de Tulà : compte à rebours... J-5
si je m'en tiens à mon planning actuel, le roman sera bouclé dans 5 jours, et je commencerai les corrections lundi.
ouh !
c'est la dernière ligne droite, je tourne un peu autour, mais tout est limpide, les derniers passages sont clairs dans ma tête et se couchent assez docilement sur le clavier de mon fidèle macbook.
à suivre...
ouh !
c'est la dernière ligne droite, je tourne un peu autour, mais tout est limpide, les derniers passages sont clairs dans ma tête et se couchent assez docilement sur le clavier de mon fidèle macbook.
à suivre...
Citations du jour : Bergson, Sartre, les autres et la création littéraire
Ah si c'était vrai !
L'écriture, n'a besoin ni de labels, ni de formatage, ni de signalétique pour folâtrer librement face à un lectorat enfin laissé à la joyeuse autonomie de son choix !
Madeleine Chapsal
L'écriture est une délivrance qui, phrase après phrase, mot après mot, devient un esclavage.Alain BOSQUET (Le verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 198)
“Celui qui est sûr, absolument sûr, d’avoir produit une œuvre viable et durable, celui-là n’a plus que faire de l’éloge et se sent au dessus de la gloire parce qu’il est créateur, parce qu’il le sait et parce que la joie qu’il en éprouve est une joie divine. Si donc dans tous les domaines, le triomphe de la vie est la création, ne peut-on supposer que la vie humaine a sa raison d’être dans une création qui peut, à la différence de celle de l’artiste et du savant, se poursuivre à tout moment chez tous les hommes : la création de soi par soi, l’agrandissement de la personnalité par un effort qui tire beaucoup de peu, quelque chose de rien et ajoute sans cesse à ce qu’il y avait de richesse dans le monde”.H. BERGSON
L’écrivain, qu’il le veuille ou non, est un homme engagé dans l’univers du langage.
Nommer, c’est faire exister, disait Sartre dans La Responsabilité de l’écrivain (conférence à la Sorbonne, 1946). Ecrire, nommer, c’est changer, transformer. L’activité littéraire est donc éminemment – et forcément – une expérience de la liberté. Cette liberté étant concrète, elle varie suivant les époques. L’analyse de Sartre incite à prolonger la réflexion sur la situation contemporaine. La responsabilité de l’écrivain, c’est cela : l’écrivain est engagé dans son rapport au langage. Nommer n’est pas innocent. Nommer, c’est choisir. La justification de l’acte d’écrire se trouve dans cette conscience de l’engagement, qui est aussi postulation de liberté, de liberté concrète.
L’écrivain est un homme libre qui s’adresse à d’autres hommes libres. Que cette liberté soit opprimée, ou que l’écrivain choisisse de se réfugier dans l’art pour l’art, et la littérature se fait elle-même oppression, ou simple ornement destiné à conforter la classe dominante. De quoi doit parler l’écrivain ? se demande Sartre et pourquoi de ceci plutôt que de cela ? « Pourquoi veux-tu changer la manière dont sont faits les timbres-poste plutôt que la façon dont est traité le Juif dans un pays antisémite ? » Pour Sartre, un livre est un appel à la liberté. Pour que, cinquante ans plus tard, on ne puisse pas dire : « Ils ont vu venir la plus grande catastrophe mondiale et ils se sont tus », il faut que l’écrivain « assume la fonction de perpétuer, dans un monde où la liberté est toujours menacée, l’affirmation de la liberté et l’appel de la liberté ».
Je crois qu'on écrit parce qu’on ne sait rien faire d’autre.Patrick MODIANO (Pourquoi écrivez-vous ? Libération, mars 1985, p. 68)
Ecrire n'est-ce pas se lever au milieu de la nuit, parmi les choses réelles et irréelles, proches et étrangères, aller jusqu'au bout de sa folie, troubler le sommeil des gisants, annoncer l'aube ?Jean SULIVAN (Consolation de la nuit. Paris, Gallimard, 1968, p. 117)
Qu'est-ce qu'un écrivain ? C'est quelqu'un qui ne sait pas son métier, ou du moins qui s'efforce de faire toujours ce qu'il ne sait pas.Madeleine CHAPSAL (Les écrivains en personne. Paris, René Julliard / Union Générale d'Editions, 1973, p.5)
Le fou d'écriture rêve d'être une ombre pour épouser l'eau. De cette union, naissent les livres.Edmond JABES (Le livre des questions, I. Paris, Gallimard, 1988, p. 87)
J’écris pour la même raison que je respire, parce que si je ne le faisais pas, je mourrais.Isaac ASIMOV (Pourquoi écrivez-vous ? Libération, mars 1985, p. 47)
09 avril 2007
News diverses
Marc Bailly m'a interviewée au salon du livre de Paris pour la revue Phénix, à paraître...
Comme je l'ai annoncé il y a quelques jours, le conservateur du fond français de la bibliothèque nationale va ouvrir un fond à mon nom où figureront mes manuscrits, carnets, annotations, cartes, pour sang d'Irah et la chronique insulaire. Je vais lui envoyer tout cela prochainement, avec, pour l'Echiquier d'Einär et Sang d'Irah, les versions intègrales (tous les passages qui ont été coupés, dont les fameuses 60 pages manquantes de Sang d'Irah).
J'ai participé à une table ronde qui était rectangulaire, ce dimanche 8 avril 2007 à Mons (Belgique), avec Stan Nichols, sur l'influence de Tolkien sur la fantasy moderne. Débat fort intéressant...
Comme je l'ai annoncé il y a quelques jours, le conservateur du fond français de la bibliothèque nationale va ouvrir un fond à mon nom où figureront mes manuscrits, carnets, annotations, cartes, pour sang d'Irah et la chronique insulaire. Je vais lui envoyer tout cela prochainement, avec, pour l'Echiquier d'Einär et Sang d'Irah, les versions intègrales (tous les passages qui ont été coupés, dont les fameuses 60 pages manquantes de Sang d'Irah).
J'ai participé à une table ronde qui était rectangulaire, ce dimanche 8 avril 2007 à Mons (Belgique), avec Stan Nichols, sur l'influence de Tolkien sur la fantasy moderne. Débat fort intéressant...
02 avril 2007
Festival Trolls & Légendes, Mons, 7 et 8 mars 2007
Je serai en dédicace ce weekend au festival Trolls & Legendes, à Mons, Belgique.
Gardant un souvenir enthousiaste de ma précédente participation à cet événement (ils sont chouettes, les Belges : chaleureux, sympas, accueillants... et leur bière à elle seule vaut le détours), je suis très contente d'y être à nouveau invitée.
Ce sera ma dernière séance de dédicace avant l'automne. J'ai annulé les autres, pour me concentrer sur mes manuscrits en cours qui ont pris pas mal de retard : 2006 avait été difficile, 2007 a mal commencé, il est temps que je fasse la nique aux aléas et me concentre sur mon travail.
Ce weekend, après avoir fait le point, j'ai constaté avec plaisir que mon roman maya était quasi terminé. Encore une quinzaine de jours, voire 3 semaines pour la relecture, et je pourrai l'envoyer à mon dir de collection.
Lui et moi sommes d'ailleurs tombés d'accord pour le titre, mais chut... Il est encore trop tôt pour le dévoiler.
Ainsi, je pourrai me remettre à SANG D'IRAH 2 : L'ETENDARD EN LAMBEAUX dès cet été. Deux mois de travail et ce sera enfin terminé. Enfin... Je l'espère, car je n'ai jamais vécu autant de difficultés avec un roman. Mon deuil récent ne va pas faciliter les choses, puisque les personnages vivent la même chose avec le décès de Duncan d'Irah. Mais boucler ce cycle me fera du bien.
Ensuite, RRRRRHHAAAAAAAAAAAA ! je pourrai enfin me consacrer à ce projet de roman fantastique sur Paris qui me tarabuste depuis... depuis... Ouh la la ! déjà 5 bonnes années !
28 mars 2007
Autosatisfaction


Ouf !
Je n'ai plus que 50 000 signes à écrire avant de boucler le premier jet de mon roman maya... Un marathon de 6 mois riche en expériences et en plaisirs nouveaux, en regard du temps que m'ont pris chacun de mes 4 précédents romans.
Bien sûr, me dira-t-on, celui-ci est beaucoup plus court, et moins complexe.
Mais c'est qu'il est bien plus difficile de simplifier son écriture et la structure d'un roman prenant qu'on le croit...
Je reparlerai de cette aventure de plume à la sortie du roman. J'ai beaucoup appris ces derniers mois, et je vais sans doute apprendre encore davantage cet été quand j'en serai aux corrections.
En tout cas, je suis fière de moi... et je n'ai plus qu'à croiser les doigts pour que la copie que je vais rendre soit à la hauteur ! hi hi hi !
Bon, c'est pas tout ça, mais ils ne vont pas s'écrire tout seuls, ces 50 000 signes ! encore un mois de boulot en perspective.
04 janvier 2007
ROMAN EN COURS
Aujourd'hui, j'ai bouclé la première partie de mon nouveau roman, et je suis dans les temps. Ouf ! quelle aventure ! c'est la première fois que je travaille sur commande avec une date line, qui plus est très rapprochée, et ce tripe challenge n'est pas négligeable !
6 mois pour concevoir, écrire, corriger
écrire un roman pour la jeunesse
écrire un roman court
bref, que du neuf pour moi !
et comme je ne peux pas faire simple, je me suis rajouté une difficulté, écrire à la première personne avec un héros adolescent... Jongler avec les points de vue, ben voyons !
que Quetzalcoatl soit avec moi !
03 janvier 2007
ENTRETIEN
Les lignes qui suivent seront prochainement mises en ligne sur le site de mon éditeur (Nestiveqnen). Il s'agit d'un entretien avec ma directrice littéraire, Chrystel Camus.
Si vous avez des questions à ajouter aux siennes, n'hésitez pas...

(une autre interview paraîtra prochainement, dans la revue Géante Rouge)
• Depuis quand écris-tu ?
Tout dépend de ce qu'on entend par "écrire". J'ai eu très jeune le désir d'écrire. D'écrire à mon tour. Parce que j'étais une dévoreuse de bouquins, et que le plaisir qu'ils me donnaient me fascinait littéralement. Ainsi, je crois que j'ai dû être tentée par la chose vers 10 ou 11 ans. Me lancer dans un récit de mon crû, et pas du copiage (ou de l'adaptation), je dirais vers 13 ans. En tout cas c'est mon plus lointain souvenir.
• Te souviens-tu de ton premier texte ? De quoi parlait-il ?
C'était un roman de SF (aujourd'hui, on appellerait ça une nouvelle un peu longuette),très inspirée par Dune si ma mémoire est bonne. Avec une petite dose d'Albator (si si si). Le titre : "Crystallina". Je ne me souviens plus de l'histoire, seulement de l'ambiance et de quelques passages assez mélos. Je me demande ce qu'est devenu le manuscrit...
• Quel regard portes-tu dessus aujourd’hui ?
Curieusement, bien que je n'oserais certainement pas le faire lire, je crois qu'il y avait quelque chose, dedans, par rapport à des nouvelles que j'ai écrites par la suite et qui ne m'ont jamais satisfaite. En tout cas, c'est le premier texte dans lequel je me sois investie et qui ait compté. En y repensant, je réalise le trajet parcouru. D'un côté, à l'époque je ne me torturais pas, je laissais venir, cela n'avait pas d'importance, c'était pour moi. Seul le moment de l'écrit comptait. Je ne relisais pas, et je ne comptais pas le faire lire non plus... Il n'était pas question d'écrire pour partager, pour transcrire.
• Qu’est-ce qui a déclenché ton envie de devenir auteur ? / Quand as-tu senti que tu voulais devenir écrivain ?
Je l'ai dit : la lecture. Mais en fait, je n'en sais rien. J'imagine que c'était mon truc à moi. Mais je relis la question et ma foi, je la nuancerai : je n'ai jamais voulu devenir écrivain. Je voulais écrire, j'avais envie de créer des mondes, des personnages, d'exprimer des choses, de raconter des histoire qui me correspondraient. Cela répondait au même vecteur que celui qui me poussait à adorer l'Histoire, les mythologies, la musique classique, ce genre de choses... Cela n'avait rien à voir avec l'envie d'avoir un nom, d'être en librairie, d'être lue. C'était un truc perso. Une sorte de quête (hi hi hi) intérieure : comment concrétiser, comment "réaliser" le bouillonnement qui m'habitait alors que l'extérieur ne m'intéressait pas ? En cela, je n'ai pas changé. La lecture me procurait beaucoup, l'imaginaire en général me parlait. Il est tout naturel d'avoir tenté ma chance. Je peignais, je jouais de la musique, mais écrire me permettait d'être seule face à moi-même.
• Tes livres favoris ?
Je suis éclectique, la liste serait longue, aussi vais-je me contenter de quelques échantillons qui me sont particulièrement chers, dans des genres différents... Je ne reviendrai pas sur Tolkien, tout le monde sait que j'ai longtemps été une intégriste (rire : je me soigne). Sa démarche créative m'a toujours fascinée (plus que son oeuvre elle-même, en fait). Il faut lire sa correspondance et ses essais pour comprendre ce que je veux dire... Je suis aussi une inconditionnelle de Gustav Meyrinck, pour moi le plus grand auteur de tous les temps, et je pèse mes mots. J'adore par ailleurs PJ Farmer (ah sa saga des faiseurs d'univers !), Philip K Dick, Maurice Renard (le Péril Bleu !), Cervantès (l'influence de Don Quijote sur moi n'est pas difficile à deviner), Charles Fort (Le Livre des Damnés a fortement contribué à l'élaboration des aspects les plus étranges de la chronique insulaire, notamment les chutes de mannes, les mondes vagabonds...), Arthur Conan Doyle, Eugene Süe (surtout Les Mystères du Peuple), Jean Anouilh, Alexandre Dumas, Gaston Leroux (la double vie de Theophraste Longuet) etc.. Voilà pour les romans. Ensuite, bien sûr, il y a les textes fondateurs. Moi, je suis dumézilienne. Au-delà de Homère et de Virgile, je suis toujours en quête des mythes originels, toutes civilisations confondue. J'ai un temps été obsédée par l'Edda, telle que retranscrite par Snorri Sturluson. En ce moment, je suis dans le précolombien. Les textes védiques m'ont passionnée aussi... Je crois en l'inconscient collectif, et ça me travaille beaucoup.

• Ton univers musical ressemble-t-il à ton univers littéraire ?
Question intéressante... Je suis imprégnée de musique depuis toujours. Il y a celles qui m'ont portée pendant l'écriture et qui ont certainement influencé certains passages,et celles que j'aime parce qu'elles ont la même résonance que ce que j'ai envie d'écrire. Maintenant, je ne suis pas persuadée que le lecteur partagerait cette ambivalence. Il a son propre univers musical, et devra(it) l'utiliser pour illustrer les ambiances que je lui propose dans mes récits. Que j'aime Carl Orff, Wagner, Brüchner, Puccini, Lizt, Moussorgski ou Saint Saëns n'a pas vraiment de sens pour quelqu'un dont l'imaginaire décolle pareillement quand il écoute Led Zeppelin ou la musique celtique. Par contre, il est probable que le lecteur qui a aimé les mêmes films que moi, et qui écoute les mêmes BO, éprouvera les mêmes sentiments-madeleines que moi sur ces musiques et pourra les plaquer sur certaines de mes lignes si je les ai écrites sous cette influence...
• Tes auteurs français préférés ?
Sans revenir sur ceux que j'ai évoqués plus haut ?
• Tes auteurs étrangers préférés ?
idem ? Je m'abstiendrai, pour l'une et l'autre question, parce que je ne saurais tous les évoquer. A chaque heure, à chaque mood, à chaque époque de ma vie il y en a eu et il y en a de nouveaux, et je n'en renie aucun.
• Ton auteur Nesti préféré (à part toi) ?

ça c'est vache comme question... (se gratte la tête en se demandant comment elle va se tirer d'affaire) Là encore, c'est parce qu'il faut choisir... Et non, je ne peux pas. Il y en a plusieurs, et pour des raisons différentes. Par exemple (admirez la pirouette), il y a Nicolas Cluzeau, pour son amour du verbe, du mot, du son, du sens... Et puis il y a Philippe Monot, pour sa truculence et son aisance. Fabrice Anfosso, à qui j'en veux toujours d'avoir écrit "Le bord du monde" avant moi. Et l'inénarrable Noirez. Et Darnaudet. Et Mélanie Fazi qui m'a bouleversée avec ses petits pépins...
• Quelles influences ont-ils eues sur ton écriture ? (réponse sur les trois précédentes questions)
J'ai en partie répondu à cette question. Tout ce qui me fascine et m'émeut m'imprègne, que ce soit des romans, des essais, des mythes, des musiques, des peintures (ah ! les préraphaélites! ah John Howe, Frazetta et tant d'autres !) Les idées, les mystères, les ambiances, tout cela mijote en moi et alimente mes propres questionnements. Maintenant, est-ce qu'on peut parler d'influence sur l'écriture ? Sans doute. En tout cas, ces dix dernières années, j'ai appris à travailler la forme pour servir le fond, et je crois avoir acquis un style qui m'est propre. Acquis... Si seulement c'était vrai ! Tous ces auteurs qui m'ont fait voyager, ils me poussent à chercher encore, toujours plus, une forme qui m'apporterait la même satisfaction qu'en les lisant.
• Ton obsession littéraire ?
Ne plus être frustrée par l'écriture. Savoir mettre en scène de façon idéale. Savoir montrer plutôt que dire. Bref : combler l'abîme qui existe entre le roman que j'ai en tête, polymorphe et sans cesse en train d'avancer, et celui que je fige sur le papier...
• Un ouvrage t’a-t-il marquée dans ton enfance ? Lequel et de quelle manière ?
Dans mon enfance ? "L'appel de la forêt", de Jack London, et "Moby Dick", de Melville, les deux à égalité.
• Ton héros/héroïne littéraire préféré(e) ?
Don Quijote

• Ton truc pour vaincre la page blanche ?
Moi mon problème c'est de vaincre la page trop noircie avant d'affronter Chrystell ! et là, qu'une solution : reprendre chaque page, paragraphe par paragraphe en me demandant à froid : "est-ce utile ? qu'est-ce que ça apporte ?"
• Ton petit plaisir coupable d’écrivain ?
Ne pas faire ce que je viens d'évoquer en faisant comme si je l'avais fait... Non, sérieusement ? J'adore (re-)lire à voix basse quand je suis en train de paufiner, mon dictionnaire d'analogies et de synonymes sur les genoux, prête à dégainer...
• Ton petit plaisir coupable de lecteur ?
(attention, c'est très mal) j'écris dans les livres. Je souligne, j'annote, je date mes lectures et mes commentaires...
• Quels sont les livres que tu relies régulièrement ? Qu’est-ce qu’ils t’apportent ?
Je relis sans cesse. Je lis peu de nouveautés. Il y a Tolkien, bien sûr, et les Doyle, mais celui que je relis le plus souvent, c'est le Golem, de Meyrinck. Un voyage intérieur, initiatique, qui ne me lasse pas. Depuis quelques années, j'ai été attrapée par Potocki aussi, mais son Manuscrit trouvé à Saragosse est tout de même en deçà. Côté fantasy, j'ai beaucoup relu Ursula Leguinn, notamment les Dépossédés, mais aussi le cycle de Terremer. Pareil pour Burnett Swann (la trilogie du minotaure). Mais comme je l'ai déjà dit, chaque moment est différent et appelle une lecture différente. Pour les relectures, à fortiori, je les choisis selon les besoins car je sais ce que je cherche à retrouver (ce qui ne m'empêche pas, d'ailleurs, de découvrir des aspects qui m'avaient échappé)
• Y a-t-il un auteur ou un livre dont tu veux nous parler ou nous faire découvrir ?
Comme je suis bavarde, j'ai déjà répondu à cette question.
• Essaies-tu de faire passer un message à travers tes histoires ?
Certes non. Mes histoires reposent sur les personnalités qui les font vivre, sur leur vécu, sur leur caractère, sur leur évolution. De ce fait, le lecteur voit généralement le message qu'il veut y mettre. Mes préoccupations sont plutôt métaphysiques et philosophiques, humanistes. Je ne crois pas aux personnages entiers. Je les vois comme je suis, ambivalents, pleins de paradoxes, de doutes, de certitudes...
• Quelle est ta passion secrète ?
Elle est secrète :-)
• Est-ce que tu t’inspires d’un autre domaine que la littérature pour écrire ? (musique, cinéma, peinture, jeux de rôles, etc.)
eh bien... De tout, sauf des jeux de rôles. Je n'ai jamais joué, c'est un univers très éloigné de ma façon de fonctionner, et pourtant je vis avec un joueur acharné...
• Est-ce que tu te sers de tes écrits pour régler des comptes ?
Non. Ceux avec qui je pourrais avoir des comptes à régler n'appartiennent pas (plus) à ma sphère, ils disparaissent de mon univers. De même, rien, dans mes récits, n'a le moindre rapport avec ma vie personnelle. J'écris de la fantasy, je vais ailleurs. Toute ressemblance etc...
• Est-ce que tu te sers de tes écrits pour réinventer un pan de ta vie ?
Non plus ! Je serais très malheureuse en Irah, pas à mon aise du tout. Pas à ma place. J'aime trop ma baignoire, mon percolateur, le chauffage urbain, la téloche, l'odeur du savon sur mon homme, et mon lecteur mp3 quand je prends le métro !
• Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour les années à venir ?
De bonnes choses, des projets qui aboutissent, des romans différents qui ne répondront à aucune autre contingence qu'à mon seul bonheur de créer et de ciseler, et un éditeur toujours aussi enthousiaste et téméraire (il n'y en a pas tant que ça).
Pour la présentation de chacun des ouvrages :
• Peux-tu nous présenter (en quelques lignes) chacun de tes ouvrages (une fiche par bouquin, si possible): ce qui t’a conduit à l’écriture, ce que tu as voulu y mettre, et pourquoi ? Dans quelle condition l’as-tu écrit ? .. Tout sur la genèse du bouquin. Ça peut aussi être des anecdotes...
ça c'est le pire ! il n'y a rien de plus difficile que de parler de son propre travail...
(et cela sera mis en ligne plus tard...)
Si vous avez des questions à ajouter aux siennes, n'hésitez pas...

(une autre interview paraîtra prochainement, dans la revue Géante Rouge)
• Depuis quand écris-tu ?
Tout dépend de ce qu'on entend par "écrire". J'ai eu très jeune le désir d'écrire. D'écrire à mon tour. Parce que j'étais une dévoreuse de bouquins, et que le plaisir qu'ils me donnaient me fascinait littéralement. Ainsi, je crois que j'ai dû être tentée par la chose vers 10 ou 11 ans. Me lancer dans un récit de mon crû, et pas du copiage (ou de l'adaptation), je dirais vers 13 ans. En tout cas c'est mon plus lointain souvenir.
• Te souviens-tu de ton premier texte ? De quoi parlait-il ?
C'était un roman de SF (aujourd'hui, on appellerait ça une nouvelle un peu longuette),très inspirée par Dune si ma mémoire est bonne. Avec une petite dose d'Albator (si si si). Le titre : "Crystallina". Je ne me souviens plus de l'histoire, seulement de l'ambiance et de quelques passages assez mélos. Je me demande ce qu'est devenu le manuscrit...
• Quel regard portes-tu dessus aujourd’hui ?
Curieusement, bien que je n'oserais certainement pas le faire lire, je crois qu'il y avait quelque chose, dedans, par rapport à des nouvelles que j'ai écrites par la suite et qui ne m'ont jamais satisfaite. En tout cas, c'est le premier texte dans lequel je me sois investie et qui ait compté. En y repensant, je réalise le trajet parcouru. D'un côté, à l'époque je ne me torturais pas, je laissais venir, cela n'avait pas d'importance, c'était pour moi. Seul le moment de l'écrit comptait. Je ne relisais pas, et je ne comptais pas le faire lire non plus... Il n'était pas question d'écrire pour partager, pour transcrire.
• Qu’est-ce qui a déclenché ton envie de devenir auteur ? / Quand as-tu senti que tu voulais devenir écrivain ?
Je l'ai dit : la lecture. Mais en fait, je n'en sais rien. J'imagine que c'était mon truc à moi. Mais je relis la question et ma foi, je la nuancerai : je n'ai jamais voulu devenir écrivain. Je voulais écrire, j'avais envie de créer des mondes, des personnages, d'exprimer des choses, de raconter des histoire qui me correspondraient. Cela répondait au même vecteur que celui qui me poussait à adorer l'Histoire, les mythologies, la musique classique, ce genre de choses... Cela n'avait rien à voir avec l'envie d'avoir un nom, d'être en librairie, d'être lue. C'était un truc perso. Une sorte de quête (hi hi hi) intérieure : comment concrétiser, comment "réaliser" le bouillonnement qui m'habitait alors que l'extérieur ne m'intéressait pas ? En cela, je n'ai pas changé. La lecture me procurait beaucoup, l'imaginaire en général me parlait. Il est tout naturel d'avoir tenté ma chance. Je peignais, je jouais de la musique, mais écrire me permettait d'être seule face à moi-même.
• Tes livres favoris ?
Je suis éclectique, la liste serait longue, aussi vais-je me contenter de quelques échantillons qui me sont particulièrement chers, dans des genres différents... Je ne reviendrai pas sur Tolkien, tout le monde sait que j'ai longtemps été une intégriste (rire : je me soigne). Sa démarche créative m'a toujours fascinée (plus que son oeuvre elle-même, en fait). Il faut lire sa correspondance et ses essais pour comprendre ce que je veux dire... Je suis aussi une inconditionnelle de Gustav Meyrinck, pour moi le plus grand auteur de tous les temps, et je pèse mes mots. J'adore par ailleurs PJ Farmer (ah sa saga des faiseurs d'univers !), Philip K Dick, Maurice Renard (le Péril Bleu !), Cervantès (l'influence de Don Quijote sur moi n'est pas difficile à deviner), Charles Fort (Le Livre des Damnés a fortement contribué à l'élaboration des aspects les plus étranges de la chronique insulaire, notamment les chutes de mannes, les mondes vagabonds...), Arthur Conan Doyle, Eugene Süe (surtout Les Mystères du Peuple), Jean Anouilh, Alexandre Dumas, Gaston Leroux (la double vie de Theophraste Longuet) etc.. Voilà pour les romans. Ensuite, bien sûr, il y a les textes fondateurs. Moi, je suis dumézilienne. Au-delà de Homère et de Virgile, je suis toujours en quête des mythes originels, toutes civilisations confondue. J'ai un temps été obsédée par l'Edda, telle que retranscrite par Snorri Sturluson. En ce moment, je suis dans le précolombien. Les textes védiques m'ont passionnée aussi... Je crois en l'inconscient collectif, et ça me travaille beaucoup.
• Ton univers musical ressemble-t-il à ton univers littéraire ?
Question intéressante... Je suis imprégnée de musique depuis toujours. Il y a celles qui m'ont portée pendant l'écriture et qui ont certainement influencé certains passages,et celles que j'aime parce qu'elles ont la même résonance que ce que j'ai envie d'écrire. Maintenant, je ne suis pas persuadée que le lecteur partagerait cette ambivalence. Il a son propre univers musical, et devra(it) l'utiliser pour illustrer les ambiances que je lui propose dans mes récits. Que j'aime Carl Orff, Wagner, Brüchner, Puccini, Lizt, Moussorgski ou Saint Saëns n'a pas vraiment de sens pour quelqu'un dont l'imaginaire décolle pareillement quand il écoute Led Zeppelin ou la musique celtique. Par contre, il est probable que le lecteur qui a aimé les mêmes films que moi, et qui écoute les mêmes BO, éprouvera les mêmes sentiments-madeleines que moi sur ces musiques et pourra les plaquer sur certaines de mes lignes si je les ai écrites sous cette influence...
• Tes auteurs français préférés ?
Sans revenir sur ceux que j'ai évoqués plus haut ?
• Tes auteurs étrangers préférés ?
idem ? Je m'abstiendrai, pour l'une et l'autre question, parce que je ne saurais tous les évoquer. A chaque heure, à chaque mood, à chaque époque de ma vie il y en a eu et il y en a de nouveaux, et je n'en renie aucun.
• Ton auteur Nesti préféré (à part toi) ?

ça c'est vache comme question... (se gratte la tête en se demandant comment elle va se tirer d'affaire) Là encore, c'est parce qu'il faut choisir... Et non, je ne peux pas. Il y en a plusieurs, et pour des raisons différentes. Par exemple (admirez la pirouette), il y a Nicolas Cluzeau, pour son amour du verbe, du mot, du son, du sens... Et puis il y a Philippe Monot, pour sa truculence et son aisance. Fabrice Anfosso, à qui j'en veux toujours d'avoir écrit "Le bord du monde" avant moi. Et l'inénarrable Noirez. Et Darnaudet. Et Mélanie Fazi qui m'a bouleversée avec ses petits pépins...
• Quelles influences ont-ils eues sur ton écriture ? (réponse sur les trois précédentes questions)
J'ai en partie répondu à cette question. Tout ce qui me fascine et m'émeut m'imprègne, que ce soit des romans, des essais, des mythes, des musiques, des peintures (ah ! les préraphaélites! ah John Howe, Frazetta et tant d'autres !) Les idées, les mystères, les ambiances, tout cela mijote en moi et alimente mes propres questionnements. Maintenant, est-ce qu'on peut parler d'influence sur l'écriture ? Sans doute. En tout cas, ces dix dernières années, j'ai appris à travailler la forme pour servir le fond, et je crois avoir acquis un style qui m'est propre. Acquis... Si seulement c'était vrai ! Tous ces auteurs qui m'ont fait voyager, ils me poussent à chercher encore, toujours plus, une forme qui m'apporterait la même satisfaction qu'en les lisant.
• Ton obsession littéraire ?
Ne plus être frustrée par l'écriture. Savoir mettre en scène de façon idéale. Savoir montrer plutôt que dire. Bref : combler l'abîme qui existe entre le roman que j'ai en tête, polymorphe et sans cesse en train d'avancer, et celui que je fige sur le papier...
• Un ouvrage t’a-t-il marquée dans ton enfance ? Lequel et de quelle manière ?
Dans mon enfance ? "L'appel de la forêt", de Jack London, et "Moby Dick", de Melville, les deux à égalité.
• Ton héros/héroïne littéraire préféré(e) ?
Don Quijote

• Ton truc pour vaincre la page blanche ?
Moi mon problème c'est de vaincre la page trop noircie avant d'affronter Chrystell ! et là, qu'une solution : reprendre chaque page, paragraphe par paragraphe en me demandant à froid : "est-ce utile ? qu'est-ce que ça apporte ?"
• Ton petit plaisir coupable d’écrivain ?
Ne pas faire ce que je viens d'évoquer en faisant comme si je l'avais fait... Non, sérieusement ? J'adore (re-)lire à voix basse quand je suis en train de paufiner, mon dictionnaire d'analogies et de synonymes sur les genoux, prête à dégainer...
• Ton petit plaisir coupable de lecteur ?
(attention, c'est très mal) j'écris dans les livres. Je souligne, j'annote, je date mes lectures et mes commentaires...
• Quels sont les livres que tu relies régulièrement ? Qu’est-ce qu’ils t’apportent ?
Je relis sans cesse. Je lis peu de nouveautés. Il y a Tolkien, bien sûr, et les Doyle, mais celui que je relis le plus souvent, c'est le Golem, de Meyrinck. Un voyage intérieur, initiatique, qui ne me lasse pas. Depuis quelques années, j'ai été attrapée par Potocki aussi, mais son Manuscrit trouvé à Saragosse est tout de même en deçà. Côté fantasy, j'ai beaucoup relu Ursula Leguinn, notamment les Dépossédés, mais aussi le cycle de Terremer. Pareil pour Burnett Swann (la trilogie du minotaure). Mais comme je l'ai déjà dit, chaque moment est différent et appelle une lecture différente. Pour les relectures, à fortiori, je les choisis selon les besoins car je sais ce que je cherche à retrouver (ce qui ne m'empêche pas, d'ailleurs, de découvrir des aspects qui m'avaient échappé)
• Y a-t-il un auteur ou un livre dont tu veux nous parler ou nous faire découvrir ?
Comme je suis bavarde, j'ai déjà répondu à cette question.
• Essaies-tu de faire passer un message à travers tes histoires ?
Certes non. Mes histoires reposent sur les personnalités qui les font vivre, sur leur vécu, sur leur caractère, sur leur évolution. De ce fait, le lecteur voit généralement le message qu'il veut y mettre. Mes préoccupations sont plutôt métaphysiques et philosophiques, humanistes. Je ne crois pas aux personnages entiers. Je les vois comme je suis, ambivalents, pleins de paradoxes, de doutes, de certitudes...
• Quelle est ta passion secrète ?
Elle est secrète :-)
• Est-ce que tu t’inspires d’un autre domaine que la littérature pour écrire ? (musique, cinéma, peinture, jeux de rôles, etc.)
eh bien... De tout, sauf des jeux de rôles. Je n'ai jamais joué, c'est un univers très éloigné de ma façon de fonctionner, et pourtant je vis avec un joueur acharné...
• Est-ce que tu te sers de tes écrits pour régler des comptes ?
Non. Ceux avec qui je pourrais avoir des comptes à régler n'appartiennent pas (plus) à ma sphère, ils disparaissent de mon univers. De même, rien, dans mes récits, n'a le moindre rapport avec ma vie personnelle. J'écris de la fantasy, je vais ailleurs. Toute ressemblance etc...
• Est-ce que tu te sers de tes écrits pour réinventer un pan de ta vie ?
Non plus ! Je serais très malheureuse en Irah, pas à mon aise du tout. Pas à ma place. J'aime trop ma baignoire, mon percolateur, le chauffage urbain, la téloche, l'odeur du savon sur mon homme, et mon lecteur mp3 quand je prends le métro !
• Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour les années à venir ?
De bonnes choses, des projets qui aboutissent, des romans différents qui ne répondront à aucune autre contingence qu'à mon seul bonheur de créer et de ciseler, et un éditeur toujours aussi enthousiaste et téméraire (il n'y en a pas tant que ça).
Pour la présentation de chacun des ouvrages :
• Peux-tu nous présenter (en quelques lignes) chacun de tes ouvrages (une fiche par bouquin, si possible): ce qui t’a conduit à l’écriture, ce que tu as voulu y mettre, et pourquoi ? Dans quelle condition l’as-tu écrit ? .. Tout sur la genèse du bouquin. Ça peut aussi être des anecdotes...
ça c'est le pire ! il n'y a rien de plus difficile que de parler de son propre travail...
(et cela sera mis en ligne plus tard...)
21 décembre 2006
PUBLICATION : nouvelle holmèsienne/SF
La Société Sherlock Holmes de France (SSHF) a publié ma nouvelle "Un cigare, Dr Watson ?" cette semaine.
Les commentaires sont sur son forum : http://www.sshf.com/forums/viewtopic.php?t=2078
(cliquez sur le titre de ce message pour accéder au texte car grrrrr ! blogger.com n'autorise toujours pas les liens dans les messages !)
cette nouvelle, dont il a déjà question sur ce blog, a été écrite suite à une commande passée cet été pour la Convention Nationale de Science-Fiction à l'occasion de laquelle elle avait été publiée dans le recueil commemoratif (j'aime bien l'expression :-) )
moi, je n'écris pas de SF, et le thème (les clavènes, les mines), ne me parlait guère, alors je me suis payé un petit délire en mêlant notre cher docteur Watson, venu se recueillir aux chutes de Recheibach (là où Sherlock Holmès serait mort en entraînant avec lui l'infâme Moriarty) à une étrange affaire d'ovni pétrifié...
Pour cela, je me suis une fois de plus référé à des phénomènes connus, inexpliqués, fortéens (merci à mon documentaliste en la matière, Jean-Luc Rivera, qui ne manque jamais de stimuler mon imagination avec des ouvrages passionnants), celui des mystérieux navires pétrifiés retrouvés dans des cavernes au cours des siècles. Comment et quand sont-ils arrivés-là ? combien de temps a-t-il fallu à la nature pour les avaler, pour les pétrifier ? qui étaient-ils ?
A la fin, biensûr, je fais référence aux petits carnets et à la malle de Watson, qui, nous le savons bien, renferment toutes ces affaires traitées par Holmès mais jamais publiées car le monde n'était pas prêt...
J'en profite pour signaler un véritable bijou (pour cet ouvrage en particulier, mais pour la collection en elle-même) que je viens de lire, somme de documentation liant réalité et fiction, visant à retracer l'existence (oui) de grandes figures de la littérature populaire à l'instar des bibliographies habituelles... Je vous assure, on se laisse prendre, emporter, et finalement on ne sait plus quels sont les faits (=conception par Conan Doyle, tirés des textes) et les inventions... et on finit par se dire que oui, Sherlock Holmès a vraiment existé, il ne peut en être autrement.
Et moi, cette ambigüté-là, j'y suis attachée, c'est l'un des moteurs de l'écriture.
Et cela me ramène quelques années en arrière, quand je me régalais en dévorant les vraies-fausses-biographies et les romans de Philip José Farmer (dont celle de Tarzan):
Les nombreuses vies de Sherlock Holmes
André-François Ruaud, Xavier Mauméjean, éd. Les moutons électriques (collection La bibliothèque héroïque, n°2), isbn 2915793115
Qui ne le connaît pas ? Sherlock Holmes est une des plus grandes figures de la culture populaire et son seul nom est synonyme de mystère policier, de brouillard londonien et de crimes énigmatiques. Depuis 1887, Sherlock Holmes est le détective privé par excellence. Devenu très rapidement un véritable mythe, avant même la sortie de sa soixantième et dernière aventure en 1927, Sherlock Holmes reste pour certains un héros de fiction créé par Arthur Conan Doyle. Mais pour le plus grand nombre, c’est un homme « qui a vraiment existé », dont les enquêtes sont rapportées par son ami, le docteur Watson. Les exploits de Sherlock Holmes ont été traduits dans le monde entier, ils ont été adaptés de multiples fois au théâtre, à la télévision, en BD et au cinéma.
(dans la même collection il y a aussi Arsène Lupin et Hercule Poirot)
04 novembre 2006
ECRITURE : petits trucs...
Mon plan de vol quand je décide d'écrire un nouveau roman :
PROCEDURE :
I/ LA TAMBOUILLE
1/ définir :
le thème
décors/contexte
Pitch-Description de l’histoire
Préhambule
Prémisse
élément déclencheur
(JE M'INTERROGE ALORS SUR LES CONFLITS :
Problème majeur à résoudre
Problème secondaire à résoudre
sous-intrigue et histoire(s) parallèle(s))
2/ rédiger le 1er synopsis
dessiner la ligne du temps (peut être différente du découpage du texte)
3/ Fiches préliminaires
- personnages (à tenir à jour s’ils changent en cours d’écriture) :
protagoniste(s), antagoniste(s), personnages secondaires
--> leur symbolique, leur rôle, leur histoire antérieure, leur motivation, leur ambiguité, leurs caractéristiques (physique et caractère)
- lieux
II/ LE DECOUPAGE-TYPE POUR LA STRUCTURE DU ROMAN
Va servir de fondation mais va évoluer et se dissoudre dans le texte au fur et à mesure qu’il se construit et prend sa vie propre.
ACTE 1 : le début
Un monde/climat ordinaire. Tout est calme
L’appel de l’aventure (à cause de l’élément déclencheur)
Le refus de l’appel (anti-héros)
La rencontre avec le mentor ou avec la motivation du héros
Le premier seuil/écueil
ACTE 2 : le cœur du roman —> la crise
Alliés et ennemis testent le héros et sa qualité : épreuves
L’approche de la caverne où sont censés avoir lieu révélations et acte de bravoure
Epreuve et récompense ou épreuve et échec
En cas de réussite le héros s’endort sur ses lauriers
En cas d’échec il est en proie au doute
ACTE 3 : le paroxysme de la crise et le dénouement in extremis
Positif : ouvert
Negatif : fermé
Détailler ensuite les parties en chapitres en développant les axes.
En pratique,généralement je ne suis pas du tout le plan établi au préhalable. A force de travailler dessus, il perd de sa substance mais ce travail m'a permi de développer quelque chose d'impossible à retranscrire suivant un schéma détaillé, et seul le pitch reste valable. L'histoire a alors pris la forme d'une espère de toile d'araignée en 3D que j'ai en tête, à la fois de façon "intuitive", très précise, et impossible à résumer. C'est le moment de l'écriture elle-même.
J'écris directement au clavier. Si possible de façon très régulière (tous les jours, à la même heure) plusieurs heures de suite. Cette trame informelle se déroule toute seule, je n'ai qu'à laisser venir.
Je fais des tirages de chaque partie écrite et la corrige sur papier : relecture (parfois découverte), biffage, corrections de forme, travail de la langue... Je saisis les modifications et refais un tirage, etc..
Par contre, une fois le premier jet terminé (pour moi, le manuscrit terminé (début-milieu-fin, sans tenir compte des multiples corrections déjà apportées), je fais une relecture linéaire, et je vérifie le fond, la cohérence, le rythme, la résonnance...
Vient alors la longue période de souffrance (hi hi hi) : un travail en millefeuille, relecture/correction relecture/déplacement relecture/suppression... Le lissage peut durer éternellement, c'est sans fin. Souvent, ça bloque. Quelque chose d'indéfinissable me gène, tenant au rythme ou bien au découpage.
Il me faut donc trouver des lecteurs-test pour qu'ils mettent des mots - le cas échéant - sur ce qui ne va pas. Une fois le manuscrit récupéré, je dois encore me faire violence, cette fois pour être de bonne foi et accepter les remarques que j'ai pourtant réclamées... Après examen et réajustement... relecture, encore, pinaillage, corrections...
ah si seulement on pouvait s'en tenir au plan-type du début ! aux fiches des personnages ! voire même au pitch linéaire et simple !
PROCEDURE :
I/ LA TAMBOUILLE
1/ définir :
le thème
décors/contexte
Pitch-Description de l’histoire
Préhambule
Prémisse
élément déclencheur
(JE M'INTERROGE ALORS SUR LES CONFLITS :
Problème majeur à résoudre
Problème secondaire à résoudre
sous-intrigue et histoire(s) parallèle(s))
2/ rédiger le 1er synopsis
dessiner la ligne du temps (peut être différente du découpage du texte)
3/ Fiches préliminaires
- personnages (à tenir à jour s’ils changent en cours d’écriture) :
protagoniste(s), antagoniste(s), personnages secondaires
--> leur symbolique, leur rôle, leur histoire antérieure, leur motivation, leur ambiguité, leurs caractéristiques (physique et caractère)
- lieux
II/ LE DECOUPAGE-TYPE POUR LA STRUCTURE DU ROMAN
Va servir de fondation mais va évoluer et se dissoudre dans le texte au fur et à mesure qu’il se construit et prend sa vie propre.
ACTE 1 : le début
Un monde/climat ordinaire. Tout est calme
L’appel de l’aventure (à cause de l’élément déclencheur)
Le refus de l’appel (anti-héros)
La rencontre avec le mentor ou avec la motivation du héros
Le premier seuil/écueil
ACTE 2 : le cœur du roman —> la crise
Alliés et ennemis testent le héros et sa qualité : épreuves
L’approche de la caverne où sont censés avoir lieu révélations et acte de bravoure
Epreuve et récompense ou épreuve et échec
En cas de réussite le héros s’endort sur ses lauriers
En cas d’échec il est en proie au doute
ACTE 3 : le paroxysme de la crise et le dénouement in extremis
Positif : ouvert
Negatif : fermé
Détailler ensuite les parties en chapitres en développant les axes.
En pratique,généralement je ne suis pas du tout le plan établi au préhalable. A force de travailler dessus, il perd de sa substance mais ce travail m'a permi de développer quelque chose d'impossible à retranscrire suivant un schéma détaillé, et seul le pitch reste valable. L'histoire a alors pris la forme d'une espère de toile d'araignée en 3D que j'ai en tête, à la fois de façon "intuitive", très précise, et impossible à résumer. C'est le moment de l'écriture elle-même.
J'écris directement au clavier. Si possible de façon très régulière (tous les jours, à la même heure) plusieurs heures de suite. Cette trame informelle se déroule toute seule, je n'ai qu'à laisser venir.
Je fais des tirages de chaque partie écrite et la corrige sur papier : relecture (parfois découverte), biffage, corrections de forme, travail de la langue... Je saisis les modifications et refais un tirage, etc..
Par contre, une fois le premier jet terminé (pour moi, le manuscrit terminé (début-milieu-fin, sans tenir compte des multiples corrections déjà apportées), je fais une relecture linéaire, et je vérifie le fond, la cohérence, le rythme, la résonnance...
Vient alors la longue période de souffrance (hi hi hi) : un travail en millefeuille, relecture/correction relecture/déplacement relecture/suppression... Le lissage peut durer éternellement, c'est sans fin. Souvent, ça bloque. Quelque chose d'indéfinissable me gène, tenant au rythme ou bien au découpage.
Il me faut donc trouver des lecteurs-test pour qu'ils mettent des mots - le cas échéant - sur ce qui ne va pas. Une fois le manuscrit récupéré, je dois encore me faire violence, cette fois pour être de bonne foi et accepter les remarques que j'ai pourtant réclamées... Après examen et réajustement... relecture, encore, pinaillage, corrections...
ah si seulement on pouvait s'en tenir au plan-type du début ! aux fiches des personnages ! voire même au pitch linéaire et simple !
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