30 avril 2007

Politique : attention liberticide en vue !


Bon, normalement je ne fais pas de politique. La dernière fois que j'ai pris position en public c'était pour participer à la pétition contre Le Pen, aux dernières élections.

cette fois, c'est plus insidieux mais ça ne m'inquiète pas moins. D'ailleurs, je sais que certains de mes proches se sont laissés bernés par les beaux discours démagos qu'on nous offre, et ne se rendent pas compte de ce que cela cache (et qui se cache de moins en moins d'ailleurs, ce qui me glace encore plus le sang.). Pour exemple, ce communiqué :

Communiqué de la Maison des Ecrivains:

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Dans le journal gratuit “20 minutes” du 16 avril, figure une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de l’université et prend pour exemple de filière inutile, et qui ne devrait plus être prise en charge par les fonds publics, l’enseignement de la “littérature ancienne” :

« Vous vous fixez comme objectif de ne laisser aucun enfant sortir du système scolaire sans qualification. Comment comptez-vous parvenir à cet objectif ? Par exemple dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L’Etat financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.

Si je veux faire littérature ancienne, je devrais financer mes études ? Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l’Etat doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes. »

http://www.20minutes.fr/article/151848/20070416-France-Le-Pen-ne-m-interesse-pas-son-electorat-si.php



Ne prenons pas à la légère ces déclarations du candidat de l’UMP. Pour lui, l’Etat n’a pas à assumer le prix de la culture.

Son jugement sur le « plaisir de la connaissance », opposé à l’utilité ou à la rentabilité érigées en principe politique, manifeste une ignorance et un mépris dangereux qui menacent le socle de toute société démocratique. Il avertit les artistes et les penseurs, nous écrivains, en particulier, du sort qu’il réserve à la culture, la littérature au premier chef, et à leur transmission par l’Education nationale

Tous les chefs d’Etat, jusqu’ici : Charles De Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand comme Jacques Chirac ont, chacun à leur manière, exprimé leur attachement à l’héritage intellectuel et artistique qui fonde l’identité française. Ils ont écrit, se sont revendiqués de la poésie, du roman, de l’art.

Dans le contexte déjà alarmant que dénonce notre Appel Filières littéraires, une mort annoncée ?, la gravité de cette déclaration ne peut nous laisser d’illusions. Elle engage la communauté littéraire et éducative à se mobiliser.

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et ce n'est pas le pire.
moi, je ne veux pas vivre dans une France où on a le choix entre Sainte-Sego la menteuse Démago , et Sarkozy 1er, si sûr de lui et de ses appuis qu'il n'a même plus à cacher ses projets liberticides (c'est pour notre bien, car il nous aime, pas vrai ?)
je ne veux pas vivre dans un pays où je suis obligée de choisir le moins pire pour échapper aux extrêmes, et aux extrêmes des extrêmes.
et ça me fait chier grave, parce que depuis toujours je prône aux ados dont j'ai la charge qu'il ne faut pas se plaindre, car on vit dans le pays le plus libre et démocratique du monde.

28 avril 2007

Les songes de Tulà : J... J + ?

argh et re-argh ! ce que je redoute à chaque fois que je suis en train de terminer un roman est arrivé ! je me suis fait putschée par l'un de mes personnages...
je n'ai aucune volonté...
du coup, j'ai pris du retard, je dois revenir un peu en amont, détricoter, remailler...

en plus, pour ne rien arranger, il fait beau, les zoziaux chantent, les amis me sollicitent sans arrêt pour aller manger un bout ou boire un verre en terrasse...

Tiens, hier soir, dîner super sympa aux Lilas avec des lecteurs, Jacques Sirgent (spécialiste des vampires) et quelques auteurs des éditions Nuit d'Avril dont Emmanuelle Maia dont j'ai beaucoup aimé le roman "Resurgences"...

bon, je vais me fustiger sévèrement et me remettre au travail, saperlipopette !

21 avril 2007

Mots de lecteurs : ça fait du bien par où ça passe


message lu ce matin sur le forum psychovision.com (lien en cliquant sur le titre ci-dessus), signé Roanne

"Je l'ai terminé cette nuit (3h30 du matin, de mieux en mieux, c'est quoi ces écrivains qui rendent leurs lecteurs insomniaques, non mais je vous jure ?).
C'est une superbe fresque, très prenante, avec des personnes aux destinées et aux caractères impressionnants, finements retranscrits. Pas de bons ou de méchants ici, rien de manichéens, et c'est bien ce qui me plait. Même dans leurs pires actes, le persos ont leurs raisons d'agir, tout à tout émouvants, pathétiques, convainquants, passionnés, autant de destins qui se percutent pour le meilleur et le pire, plongeant parfois les êtres qui leurs sont le plus chers au bord de la folie ou de la mort. Sans même parler des véritables chocs culturels, par exemple lors de l'apparition de Nicolas, puis de son retour avec des idées 'modernes' qui ne peuvent trouver échos à Nopalep, qui n'a pas évolué depuis des siècles. C'est bien ce que nous décrit l'auteur, une île continent qui sort de son inertie, ce qui entraîne la chûte prévisibles de civilisations entières ou de mode de fonctionnement. Elle a superbement rendu, à mon avis, la mélancolie de ces personnages qui prennent conscience qu'avec leur fin c'est un mode entier de croyances et de coutumes qui périclyte.
Et au milieu il reste Duncan, droit et entier, homme d'un autre âge qui pousse l'admiration même chez ses ennemis.
Note pour l'auteur : je ne sais que répondre à la question que tu m'as posée en dédicace sur le roman lors du salon du livre de Paris... J'avoue que le personnage de Sail est particulièrement "grand", se dépassant et se consumant par amour des siens, mais tous sont si bien cernés et 'disséqués' que j'ai éprouvé un réel plaisir à les suivre, même lorsque leurs décisions étaient réellement contestables. Tous ont leurs forces et leurs faiblesses, ce qui les rend à la fois attachants et répugnants. Une belle galerie de personnages !"


et un autre sur le forum de raxxon http://www.raxxon.com/Forum/viewtopic.php?p=52665&sid=6e5ff8073b22943838184796772d1124

20 avril 2007

Les songes de Tulà : J-3

Le rythme s'accélère, la fin approche, l'intrigue se dénoue... Et je me rassure. Je tiendrais les délais malgré cette année folle-folle qui a rendu mon écriture cahotique.
Allons allons...
Je m'accorderai juste le break électoral de dimanche pour aller respirer ailleurs après avoir voté (eh oui, je suis du matin, je n'attendrai pas 18h, moi...) avant de conclure mon pacte avec Quetzalcoàtl lundi ou mardi prochains.
Ensuite, j'aurai tout le mois de mai pour repasser ma copie, traquer les fioritures inutiles, les tics habituels, lisser l'ensemble, rajouter un peu de vie aux dialogues, le boulot habituel avant de passer la main au big boss...
J'ai hâte d'en avoir terminé pour pouvoir me remettre à mes textes en cours, laissés en plan l'an dernier...

19 avril 2007

PROCHAINE DEDICACE : 23 JUIN à VENDOME

Structure organisatrice :
Association Imaginaire en Loir-et-Cher

Partenaires :
Librairie Page 10/2 (Vendôme)
Librairie Faëries (Tours)

Concours de nouvelles :
• Jusqu’au 30 avril, les adolescents de la 4ème à la terminale doivent écrire la suite d’un texte fantastique écrit par Hervé Jubert, écrivain jeunesse (remise des prix le 23 juin)

Exposition :
• Du 18 au 30 juin, exposition des œuvres de Philippe Caza à la bibliothèque de Vendôme, parc Ronsard

Cinéma :
• Vendredi 22 juin, 14 h, projection du film Gandahar, dessins de Ph. Caza, au cinéma Le Ronsard de Vendôme ;
• Vendredi 22 juin, 20h, projection du film Le labyrinthe de Pan (3 Oscars) de Guillermo del Toro, en version originale (espagnol) au cinéma Le Ronsard de Vendôme

Conférence :
• Vendredi 22 juin, 20h30, conférence sur les risques climatiques entre Didier Paillard, climatologue au CNRS, Philippe Caza, et un écrivain de science-fiction, à la Salle des Fêtes de Fréteval

Dédicaces :
• Samedi 23 juin de 10h à 19h, dédicaces, rencontres et jeux avec une vingtaine d’invités écrivains et illustrateurs sous le marché couvert de Vendôme

Spectacle :
• Samedi 23 juin, 20h30, Histoires de fées : contes et histoires par Pierre Dubois, elficologue aux Greniers de l’Abbaye de Vendôme.


Renseignements : 02.54.67.01.83
imaginaireenloiretcher@laposte.net

18 avril 2007

Les songes de Tulà : compte à rebours... J-5

si je m'en tiens à mon planning actuel, le roman sera bouclé dans 5 jours, et je commencerai les corrections lundi.

ouh !

c'est la dernière ligne droite, je tourne un peu autour, mais tout est limpide, les derniers passages sont clairs dans ma tête et se couchent assez docilement sur le clavier de mon fidèle macbook.

à suivre...

Citations du jour : Bergson, Sartre, les autres et la création littéraire



Ah si c'était vrai !
L'écriture, n'a besoin ni de labels, ni de formatage, ni de signalétique pour folâtrer librement face à un lectorat enfin laissé à la joyeuse autonomie de son choix !
Madeleine Chapsal


L'écriture est une délivrance qui, phrase après phrase, mot après mot, devient un esclavage.Alain BOSQUET (Le verbe est un navire. Paris, Éditions du Rocher, 1998, p. 198)



Celui qui est sûr, absolument sûr, d’avoir produit une œuvre viable et durable, celui-là n’a plus que faire de l’éloge et se sent au dessus de la gloire parce qu’il est créateur, parce qu’il le sait et parce que la joie qu’il en éprouve est une joie divine. Si donc dans tous les domaines, le triomphe de la vie est la création, ne peut-on supposer que la vie humaine a sa raison d’être dans une création qui peut, à la différence de celle de l’artiste et du savant, se poursuivre à tout moment chez tous les hommes : la création de soi par soi, l’agrandissement de la personnalité par un effort qui tire beaucoup de peu, quelque chose de rien et ajoute sans cesse à ce qu’il y avait de richesse dans le monde”.H. BERGSON


L’écrivain, qu’il le veuille ou non, est un homme engagé dans l’univers du langage.
Nommer, c’est faire exister, disait Sartre dans La Responsabilité de l’écrivain (conférence à la Sorbonne, 1946). Ecrire, nommer, c’est changer, transformer. L’activité littéraire est donc éminemment – et forcément – une expérience de la liberté. Cette liberté étant concrète, elle varie suivant les époques. L’analyse de Sartre incite à prolonger la réflexion sur la situation contemporaine. La responsabilité de l’écrivain, c’est cela : l’écrivain est engagé dans son rapport au langage. Nommer n’est pas innocent. Nommer, c’est choisir. La justification de l’acte d’écrire se trouve dans cette conscience de l’engagement, qui est aussi postulation de liberté, de liberté concrète.
L’écrivain est un homme libre qui s’adresse à d’autres hommes libres. Que cette liberté soit opprimée, ou que l’écrivain choisisse de se réfugier dans l’art pour l’art, et la littérature se fait elle-même oppression, ou simple ornement destiné à conforter la classe dominante. De quoi doit parler l’écrivain ? se demande Sartre et pourquoi de ceci plutôt que de cela ? « Pourquoi veux-tu changer la manière dont sont faits les timbres-poste plutôt que la façon dont est traité le Juif dans un pays antisémite ? » Pour Sartre, un livre est un appel à la liberté. Pour que, cinquante ans plus tard, on ne puisse pas dire : « Ils ont vu venir la plus grande catastrophe mondiale et ils se sont tus », il faut que l’écrivain « assume la fonction de perpétuer, dans un monde où la liberté est toujours menacée, l’affirmation de la liberté et l’appel de la liberté ».

Je crois qu'on écrit parce qu’on ne sait rien faire d’autre.Patrick MODIANO (Pourquoi écrivez-vous ? Libération, mars 1985, p. 68)


Ecrire n'est-ce pas se lever au milieu de la nuit, parmi les choses réelles et irréelles, proches et étrangères, aller jusqu'au bout de sa folie, troubler le sommeil des gisants, annoncer l'aube ?Jean SULIVAN (Consolation de la nuit. Paris, Gallimard, 1968, p. 117)


Qu'est-ce qu'un écrivain ? C'est quelqu'un qui ne sait pas son métier, ou du moins qui s'efforce de faire toujours ce qu'il ne sait pas.Madeleine CHAPSAL (Les écrivains en personne. Paris, René Julliard / Union Générale d'Editions, 1973, p.5)


Le fou d'écriture rêve d'être une ombre pour épouser l'eau. De cette union, naissent les livres.Edmond JABES (Le livre des questions, I. Paris, Gallimard, 1988, p. 87)


J’écris pour la même raison que je respire, parce que si je ne le faisais pas, je mourrais.Isaac ASIMOV (Pourquoi écrivez-vous ? Libération, mars 1985, p. 47
)

Réflexions désabusées d'un auteur, à méditer...

Je viens de lire ces quelques lignes signées Christian Grenier, et comme je les partage pour l'essentiel, je relaye...


Noosfère, 18 avril 2007, Christian Grenier :

Censure... suite !

Aujourd’hui, on l’aura compris ( lire la niouzeletter de mars 2007 ), la censure la plus insidieuse semble être celle que s’imposent les auteurs ! S’ils veulent être publiés, ils évitent les sujets qui dérangent ; malgré leurs qualités, certains récits sont rejetés par les éditeurs parce qu’ils ont peu de chances d’être vendus !
Ainsi, mon roman Ecoland, dans une version longue destinée à l’origine à un lectorat adulte, a fait l’objet, il y a vingt ans d’un rapport de lecture ( de la part d’un éditeur trop connu pour que je le mentionne ici ! ) qui s’achevait par la phrase : « votre roman est fort et très original ; ce sont ces deux raisons qui nous empêchent actuellement de le publier. »
Etonnant, non ?

Que veulent publier les éditeurs ?

C’est hélas la question que se posent des auteurs avant d’entreprendre la moindre écriture. Ainsi, mon camarade Eric Sanvoisin, qui aime le fantastique et la SF, me confiait, très dépité, pendant le récent Salon de Lamballe :
— Désormais, face à plusieurs refus successifs, je n’envoie plus de manuscrits spontanés. Avant de rédiger quoi que ce soit, je téléphone à l’éditeur pour savoir si le sujet de mon futur ouvrage lui convient !
Autrefois, les éditeurs prenaient des risques. Ils publiaient parfois des textes en confiant à l’auteur :
— Votre roman a peu de chances de se vendre ( ou encore : « les commerciaux n’y croient pas »... ou encore : « les représentants ne feront pas la promotion d’un tel ouvrage » ). Mais tant pis ! Nous aimons beaucoup ce récit et nous le publions... on verra bien !
De façon inattendue, le succès était au rendez-vous, preuve que le goût des lecteurs est heureusement imprévisible.
Qui aurait cru, il y a trente ans, dans l’avenir de romans comme La guerre des poireaux ? Ou, il y a quinze ans, dans celui de Coups de théâtre ou du Pianiste sans visage ( la musique classique ! Pour des jeunes ! ) ?


Aujourd’hui, peu d’éditeurs se lancent dans l’inconnu. Il y a quelque temps, face à la vente décevante de certains de mes romans de SF, une jeune directrice littéraire m’a déclaré :
— Pourquoi n’écrivez-vous pas des histoires de sorcières ? De monstres ou de dragons ? Il suffit que l’un de ces mots figure sur le titre de l’ouvrage pour que les ventes décollent !

Que veulent lire les lecteurs ?

Cette question, ce sont surtout... les éditeurs qui se la posent ! Le plus terrifiant, c’est que la plupart ont une idée précise de ce que les lecteurs attendent ; ils ont donc, face à des manuscrits, une lecture spontanément orientée vers ce qu’ils croient que les lecteurs aimeront.
C’est évidemment – à mes yeux – terrifiant !
Il est vrai que les lecteurs me font parfois des reproches : ils attendaient une autre conclusion, ils jugent le roman inachevé, ils sont déçus par tel ou tel aspect du livre, ils auraient aimé...
Je leur déclare alors de façon très provocatrice :
— Stop ! Je n’écris pas pour vous faire plaisir. Je ne cherche pas à raconter des histoires susceptibles de vous séduire. J’écris pour proposer des univers, des réflexions. J’écris pour partager mes angoisses, mes espoirs, mes convictions. J’écris pour soumettre des questions qui m’obsèdent. Le plus souvent sans livrer de réponse. Mon espoir est que les lecteurs y trouvent un écho, quitte à ce qu’ils soient surpris, déçus, décontenancés. Je n’écris pas pour plaire mais plutôt pour déranger...

Des propositions de corrections et/ou... d’amélioration !

Il y a trente-cinq ans, la plupart de mes manuscrits étaient publiés sans qu’on y change une virgule ! Aucun de mes ouvrages destinés aux adultes n’a fait l’objet de la moindre modification de la part d’un directeur littéraire, ni mes essais Jeunesse et science-fiction ( 1972 ), La SF ? J’aime ! ( 1981 ), La science-fiction, lectures d’avenir ? ( 1993 ) ou le récent La SF à l’usage de ceux qui ne l’aiment pas. Mes ouvrages de fiction Auteur auteur imposteur ( Denoël, 1990 ) ou Partir pour Edena ( L’Atalante, 2000 ) sont sortis sans aucune retouche !
La Machination, en 1972, a été, sur la suggestion de la directrice littéraire Marie-Hélène About, amputée d’une seule phrase : une comparaison entre mon héros Lionel Kancel et le fameux « Hollandais Volant » de Richard Wagner, condamné à errer éternellement sur l’océan, une référence littéraire et musicale qui aurait passé au-dessus de la tête des lecteurs de douze ans.
Trois ans plus tard, toujours aux Presses de la Cité, face à mon manuscrit Le Satellite venu d’ailleurs, la même éditrice m’a confié :
— Le comité de lecture juge que le journal intime du vieil astronome est un peu long. Pourriez-vous lui consacrer moins de place ?
J’ai révisé ma copie. Deux mois plus tard, très naïvement, Marie-Hlène About m’apprenait :
— Les rapports de lecture sont excellents ! Mais la majorité déplore que le journal intime du vieil astronome soit trop court. Pourriez-vous le développer un peu ?


J’ai redonné ma première version... et c’est encore celle-ci qui est republiée ( chez Milan-Poche )... après des ventes régulières, soit 32 ans de rééditions !
Mais voilà... depuis quelques années, tout particulièrement dans le domaine jeunesse, les demandes de modifications semblent de plus en plus importantes, comme s’il s’agissait de proposer un récit « sur mesure ».
Un temps, je me suis remis en cause : après tout, me disais-je, c’est probablement ta qualité littéraire qui baisse ! Sans doute écrivais-tu mieux autrefois !
Et puis ( faut-il s’en rassurer ? ), je me suis aperçu que la pratique devenait plus que courante : elle se généralisait ! Pour des raisons qui semblent parfois très étranges à l’auteur.

Obéir à l’éditeur, refuser... ou tricher ?

Pour ma part, je suis toujours attentif aux remarques et aux suggestions des éditeurs ou/et de leurs lecteurs. Il arrive qu’elles soient pertinentes : tel passage est long, ou trop complexe : j’ai ainsi définitivement amputé trois pages d’analyse psychologique dans Le cœur en abîme. D’autres fois, je frise le clash : le directeur littéraire d’Hachette Jeunesse voulait obstinément que je retire le dernier paragraphe de Virus LIV 3 ou La mort des livres. J’ai refusé, au risque de ne jamais voir l’ouvrage sortir. De la même façon, un peu plus tard, j’ai refusé de sauver la vie d’un de mes personnages de Un amour d’éternité, la directrice littéraire souhaitait que je modifie complètement la fin de mon ouvrage... ce qui lui retirait tout son sens !
D’autres fois, je contourne la difficulté, avec l’impression que devaient avoir les auteurs des « pays totalitaires » contraints d’avancer masqués ! Etrange, dans un pays où la liberté d’expression semble régner...

Une réécriture parfois longue.

Un auteur sort rarement indemne d’une réécriture forcée, surtout quand il a l’impression qu’elle n’a pour objectif que servir « le cœur de cible ».
De plus en plus, je consacre davantage de temps à la réécriture qu’à la rédaction d’origine.
Les lecteurs me demandent souvent :
— Comment faites-vous pour trouver des idées ?
Ou :
— Combien de temps mettez-vous pour écrire un livre ?
La vérité est hélas ailleurs : les idées ( du moins en ce qui me concerne ) ne sont jamais un problème. Le problème, c’est de disposer de temps, de liberté pour écrire. D’être dans un état d’esprit serein, de se sentir suffisamment dynamique et motivé pour le faire...
L’écriture est le plus souvent un plaisir. Revoir soi-même sa copie est à la fois indispensable et difficile. Mais quand il s’agit d’obéir à des injonctions ou à des conseils qui semblent mal justifiés ou peu convaincants, c’est terrible ! Car on y consacre alors énormément de temps... et l’on n’est pas toujours content du résultat !
Au fait, je me demande si je suis pas en train de livrer aux lecteurs des secrets qu’ils devraient ignorer. Ces révélations et réflexions ne seraient-elles pas dangereuses à dévoiler ?


le site de Christian Grenier : http://www.noosfere.com/grenier/

16 avril 2007

Les grands esprits se rencontrent... au Mexique

Tiens, on vient de me signaler que R.E. Howard évoquait lui aussi Teotihuacan (lieu où se déroule mon roman de fantasy historique "Les Songes de Tulà"), dans l'une de ses lettres publiées dans le courrier des lecteurs de "Weird Tales", publiée dans le numéro de janvier 1931 :

"I was particularly fascinated by the poem by Alice l'Anson in the latest issue", writes Robert E. Howard from his home in Texas. "The writer must surely live in Mexico, for I believe that only one familiar with that ancient land could so reflect the slumbering soul of prehistoric Aztec-land as she has done. There is a difference in a poem written on some subject by one afar off and a poem written on the same subject by one familiar with the very heart of that subject. I have put it very clumsily, but Teotihuacan breathes the cultural essence, spirit and soul of Mexico." [Mr Howard is right: Alice l'Anson, author of the poem Teotihuacan, lives in Mexico City. - The Editors. ]






merci à mon ami Fabrice Tortey, et à Rusty Burke, éminents spécialistes de REH, pour les documents et l'info.

14 avril 2007

PRODUCTIVITE

Chouette semaine de vacances : pratiquement terminé mon roman, écrit une nouvelle, bouclé ma participation à une préface, bouclé une interview, fait le grand ménage, bougé les meubles, bu un coup avec des potes, retrouvé une amie d'enfance, acheté un smartphone, et regardé quelques dvd divers et variés.

pourvu que la 2e semaine soit aussi productive et apaisante, parce que la rentrée sera rude : dernière ligne droite avant le bac pour mes lycéennes, deux grosses réunions en famille qui ne manqueront pas de raviver l'absence obsédante de mon père, mon manuscrit à boucler et corriger (avec l'attente du verdict qui va avec) etc..

et, les éléctions.

09 avril 2007

News diverses

Marc Bailly m'a interviewée au salon du livre de Paris pour la revue Phénix, à paraître...

Comme je l'ai annoncé il y a quelques jours, le conservateur du fond français de la bibliothèque nationale va ouvrir un fond à mon nom où figureront mes manuscrits, carnets, annotations, cartes, pour sang d'Irah et la chronique insulaire. Je vais lui envoyer tout cela prochainement, avec, pour l'Echiquier d'Einär et Sang d'Irah, les versions intègrales (tous les passages qui ont été coupés, dont les fameuses 60 pages manquantes de Sang d'Irah).

J'ai participé à une table ronde qui était rectangulaire, ce dimanche 8 avril 2007 à Mons (Belgique), avec Stan Nichols, sur l'influence de Tolkien sur la fantasy moderne. Débat fort intéressant...

COMPTE-RENDU FESTIVALS

photo (c) Sylvie Miller




Il est des périodes où rien ne va, où l'on a du chagrin, où la météo est devenue folle, où les collègues de travail méritent plus de baffes que les élèves, où l'on est triste, où l'on resterait bien sous sa couette, et où l'on ne pense qu'à dormir, ne plus se réveiller...

Heureusement, j'ai un atout de taille, une sorte de joker qui sauve à tous les coups :

non, ce n'est pas l'écriture... Elle, c'est ma soeur de déprime, ma soupape, ma squizo perfide.

(photo (c) Mélanie Fazi)

non, c'est mieux que ça : les amis.

Et des amis, j'en ai beaucoup. Des vieux amis, qui savent vous porter et vous dérider en toutes circonstances. De ces vieux frangins de longue date, ceux qui partagent, qui savent, qui ont aussi leurs galères, mais à qui on n'a pas besoin d'en parler, parce qu'on se comprend, et qu'on sait que ce qui compte, quand on est ensemble, c'est de refaire le monde, de faire des pieds-de-nez au monde et aux cons qui le peuplent, c'est de délirer, de savoir reconnaître dans les bizarreries qui nous entourent ces petits riens qui vont vous stimuler, vous faire rire, vous faire réfléchir, vous donner des idées saugrenues...

Ces 4 dernières semaines, bien que j'aie dû annuler deux séances de dédicace parce que j'étais trop mal, j'ai participé à 3 salons.

MOURMELON (Dampierre en Champagne), qui m'a permis de rencontrer des auteurs jeunesse, de retrouver le dynamique et achtement sympathique Philippe Halvick (l'un des rares qui soit capable de prendre une photo de moi où j'ai une figure humaine, celle qui illustre ce blog), et de papoter avec de nouveaux lecteurs, et leurs parents (je salue ici la maman de Quentin, qui se reconnaîtra si elle repasse sur ce blog, et que j'embrasse fort. M'ame, vous ne vous en rendez pas compte, mais votre enthousiasme et votre gentillesse, c'est quelque chose ! j'espère que le concert des Naheulbeuk, samedi soir, vous aura plu, vous que j'ai retrouvée à Mons 3 semaines plus tard !)

LE SALON DU LIVRE DE PARIS : incontournable rendez-vous annuel qui me permet de retrouver ma deuxième famille, les Nesti.

et ce weekend, TROLLS & LEGENDES, à Mons (Belgique) : comment décrire le plaisir de retrouver la chaleureuse amitié de Philippe Ward, écrivain et grand manitou des éditions Rivière Blanche; celle de Sylvie Miller (voir photo), qui repértorie avec la rigueur qui la caractèrise les cyclotronnesques dérives de notre triste monde. Ces deux-là vont sortir prochainement un recueil de nouvelles écrites à 4 mains, j'aurai l'occasion d'en recauser. Qui d'autre ? Jérôme "Globullllle" Lamarque (un L ? deux L ? rien que pour le faire râler je ne trancherai pas), calme réfléchi et grand ami qui tempère tout et sait si bien relire mes premiers jets... Laurent Whale (bon lui, c'est un gredin, et en plus il écrit de la SF. Mais j'ai le droit d'aimer les gredins aussi), Mélanie Fazi (heureusement pour les autres, elle écrit peu, parce qu'elle écrit si bien, ses textes sont si forts et denses, que la concurrence en deviendrait insupportable :-)) et l'inénarrable Hystrion, Christophe Besly, dont les avis sont la plupart du temps plus que justes. Et comment évoquer tout le monde ? Michel Borderie, Alain le Bussy, Denis Labbé...

(photo (c) ActuSF: Sylvie Miller, Mélanie Fazi, Philippe Ward et moi)


lors de ces festivals, les batteries se rechargent. On n'y va pas pour vendre des bouquins. On y va pour retrouver les potes, je viens de le dire, mais surtout pour rencontrer les lecteurs. C'est réconfortant, rassurant, régénérant. Indescriptible. Bien sûr, il y a la satisfaction de faire découvrir à des inconnus, dans l'espoir qu'ils aimeront et voudront bien lire la suite. Mais avant tout, il y a les retrouvailles. Ces lecteurs qui font le déplacement pour vous seriner : "alors, quand sortira le dernier tome ?", pour vous expliquer qu'ils ont été touchés par votre travail, ou pour se jeter sur les tomes qu'ils n'ont pas réussi à dégotter en librairie (putain de diffuseur !). Ceux qui passent juste pour vous saluer, avec un petit "celui-là, j'ai beaucoup aimé" et qui n'en disent pas plus, aussi intimidés que vous.

(photo (c) ActuSF : Mélanie Fazi et moi)

et puis il y a des rencontres, émouvantes, avec des "pointures", et cette réalité qui se confirme à chaque fois : ce weekend, j'ai rencontré Alan Lee et Stan Nichols, immenses, humbles, adorables... alors que je connais tant et tant de soi-disant auteurs (un volume publié chez Tartempion, peu ou pas du tout distribué, et qu se donnent de l'existence sur les forums ou autres blogs) qui se la racontent, et qui sont odieux de bêtise, de prétention et de mythomanie.

Ah...
photo (c) Sylvie Miller

Il est des périodes où rien ne va, où l'on a du chagrin, où la météo est devenue folle, et dans ces périodes-là, ça fait du bien de sortir de chez soi, de chausser ses bottes d'auteur en vadrouille, de partir à l'assaut des festivals bruyants, surpeuplés, où vous avez soit trop chaud, soit trop froid, où on vous donne de la bière quand vous rêvez d'un café, où vous ruminez que vous préféreriez être dans votre lit, alors qu'au fond, il n'y a rien de meilleur que ces dédicaces, ces délires, ces discussions, ces embrassades, ces clins d'oeil, ces ragots, ces échanges pleins de chaleur.

Merci à tous

et un spécial merci à Valérie Frances et à son équipe : ce festival Trolls et Légendes 2007 fut une réussite de plus, et j'en garderai un souvenir vivifiant.

02 avril 2007

Festival Trolls & Légendes, Mons, 7 et 8 mars 2007




Je serai en dédicace ce weekend au festival Trolls & Legendes, à Mons, Belgique.

Gardant un souvenir enthousiaste de ma précédente participation à cet événement (ils sont chouettes, les Belges : chaleureux, sympas, accueillants... et leur bière à elle seule vaut le détours), je suis très contente d'y être à nouveau invitée.




Ce sera ma dernière séance de dédicace avant l'automne. J'ai annulé les autres, pour me concentrer sur mes manuscrits en cours qui ont pris pas mal de retard : 2006 avait été difficile, 2007 a mal commencé, il est temps que je fasse la nique aux aléas et me concentre sur mon travail.

Ce weekend, après avoir fait le point, j'ai constaté avec plaisir que mon roman maya était quasi terminé. Encore une quinzaine de jours, voire 3 semaines pour la relecture, et je pourrai l'envoyer à mon dir de collection.
Lui et moi sommes d'ailleurs tombés d'accord pour le titre, mais chut... Il est encore trop tôt pour le dévoiler.

Ainsi, je pourrai me remettre à SANG D'IRAH 2 : L'ETENDARD EN LAMBEAUX dès cet été. Deux mois de travail et ce sera enfin terminé. Enfin... Je l'espère, car je n'ai jamais vécu autant de difficultés avec un roman. Mon deuil récent ne va pas faciliter les choses, puisque les personnages vivent la même chose avec le décès de Duncan d'Irah. Mais boucler ce cycle me fera du bien.

Ensuite, RRRRRHHAAAAAAAAAAAA ! je pourrai enfin me consacrer à ce projet de roman fantastique sur Paris qui me tarabuste depuis... depuis... Ouh la la ! déjà 5 bonnes années !

29 mars 2007

BNF : un fond pour les auteurs de SFF







Le conservateur de la Bibliothèque Nationale de France (Département des Manuscrits, Catalogue français) est passé voir certains auteurs au Salon du Livre de Paris, ce weekend, et nous a demandé de lui fournir nos documents personnels (manuscrits, carnets etc..)






cool, non ?

ça va faire de la place dans ma cave !

c'est vrai que c'est une bonne idée de nous le demander de notre vivant avant que tout cela soit dispersé ou détruit, d'autant que nous sommes sans doute la dernière génération à travailler sur papier (les modifs, biffages, flèches, ratures etc.. manuscrites).

ainsi donc, dans quelques mois, des inconnus pourront entrer dans mon intimité d'auteur et mesurer le chemin (tortueux) parcouru...

Quel honneur et quel plaisir inavouable de savoir que ces documents (et Dieu sait que j'en ai des cartons pleins, moi qui ne jette rien) seront à l'abri, et accessibles à tous.






J'ignore si des gens les consulteront un jour, mais au moins ils seront plus à leur place là que dans ma cave ou le grenier paternel !

28 mars 2007

Autosatisfaction



Ouf !

Je n'ai plus que 50 000 signes à écrire avant de boucler le premier jet de mon roman maya... Un marathon de 6 mois riche en expériences et en plaisirs nouveaux, en regard du temps que m'ont pris chacun de mes 4 précédents romans.
Bien sûr, me dira-t-on, celui-ci est beaucoup plus court, et moins complexe.
Mais c'est qu'il est bien plus difficile de simplifier son écriture et la structure d'un roman prenant qu'on le croit...
Je reparlerai de cette aventure de plume à la sortie du roman. J'ai beaucoup appris ces derniers mois, et je vais sans doute apprendre encore davantage cet été quand j'en serai aux corrections.

En tout cas, je suis fière de moi... et je n'ai plus qu'à croiser les doigts pour que la copie que je vais rendre soit à la hauteur ! hi hi hi !

Bon, c'est pas tout ça, mais ils ne vont pas s'écrire tout seuls, ces 50 000 signes ! encore un mois de boulot en perspective.

20 mars 2007

SALON DU LIVRE DE PARIS + interview du mois

RAPPEL : je serai en dédicace au salon du livre de Paris, Porte de Versailles, stand A160 (éd. nestiveqnen) vendredi 23, samedi 24 et dimanche 25 mars toute la journée.

horaire officiel des dédicaces : 16h-17h



INTERVIEW PARUE DANS GEANTE ROUGE N°6 (mars 2007) :

EK : Bonjour, Claire Panier-Alix, alors, qu’est-ce que ça fait de débarquer dans un fanzine qui d’habitude se cantonne à la SF ?
CPA : Toute intimidée (rire). Et toi, qu'est-ce que ça te fait d'y introduire de la fantasy ?

EK : Note bien que l’univers que tu développes dans le Sang d’Irah n’est pas vraiment uniquement de fantasy, puisqu’il y a cette faille jaune qui le relie à la Terre du début du XVIIème siècle… C’est un peu SF, ça… On s’encanaille ?
CPA : En fait ce roman se déroulant chronologiquement avant la trilogie "La Chronique Insulaire", c'est plutôt soft, de ce côté-là. L'aspect "fantastique" et transgenre est beaucoup plus développé dans "La clef des mondes" (le bien nommé) et balaye complètement la fantasy dans "Le roi repenti" (où je me suis amusée avec mes dadas fortéens en jouant sur les chutes de mannes, le continent aérien cher à Charles Fort, Génésistrine, les îles aériennes à vapeur (assez SF, mais c'est parce que j'aime tant Maurice Renard), un monde insectoïde, toutes sortes de passages de portes (ah ! PJ Farmer !) et j'en passe... Pour écrire Sang d'Irah, il m'a fallu revenir en amont de tout cela, sur une terre de légende plus "arthurienne" et héroic fantasy, la magie de la high fantasy ayant plus sa place dans l'Echiquier d'Einär. Bref, je ne m'encanaille pas, mais je m'efforce d'encanailler le lectorat de fantasy actuel que je trouve un peu bridé par ce qu'on lui donne à manger... Sans doute est-ce dans Sang d'Irah que cet aspect de mon travail est le moins évident, justement parce qu'il s'agit d'une préquelle, mais je n'ai pu m'empêcher de semer quelques cailloux blancs pour ceux qui avaient lu la trilogie. La faille spatio-temporelle à laquelle tu fais référence, et qui me permet d'introduire un pirate du 17e siècle dans mon petit univers légendaire, est de ceux-là. Ensuite, tout est question de point de vue, littérairement parlant : du point de vue de mes personnages, il y a beaucoup de fantastique (intrusion d'anormal dans leur réalité), comme les trolls frappés de lycanthropie par exemple...

EK : Revenons à ton univers, cette île de Nopalep. J’ai une théorie : Nopalep, ça me fait furieusement penser à l’île de Peter Pan avec un Peter qui se ferait appeler Nicolas et incarnerait en même temps le capitaine Crochet, une fée clochette qui serait un peu reine, etc. Qu’est-ce que tu fais ? Tu me flingues tout de suite, ou plus tard ?
CPA : Ma foi pourquoi pas ? Mais dans ce cas, Peter et Clochette ce seraient moi, dans ma démarche d'écriture... Toutefois, je préférerais que tu évoques Munschausen, ou Swift, tu serais plus juste... J'ai conçu Nopalep'am Brode il y a bien longtemps, et cette île-continent rassemble quatre de mes passions d'enfance, de façon très schématique. Au nord, la Scandinavie; Au sud, l'Egypte-Yucatan; Au coeur, un royaume de high fantasy à l'ouest, et la terre d'Irah, toute arthurienne, à l'est...

EK : Encore un mot sur Irah. Le personnage de Maryannor est très complexe, très fouillé, très attachant, très femme, en fait. Par contraste, les héros masculins seraient un peu plus monolithiques. Ou alors, c’est comme ça dans la vraie vie ?
CPA : Ce serait si facile de dire que je manie mieux ce que je connais de l'intérieur... Mais comme je l'ai déjà dit, ce roman, s'il s'inscrit comme le premier de la série chronologiquement, est le quatrième dans l'ordre d'écriture. Dans les trois précédents, il n'y avait pour ainsi dire pas de personnage féminin. Dans sang d'Irah, j'ai voulu montrer un personnage qui n'était pas une potiche ni un stéréotype, mais un être humain à part entière, avec ses ambivalences, ses ratages, ses raisons, un personnage qui évolue, comme je l'avais fait jusque là avec mes (anti-)héros. Pour ce qui est des hommes, dans ce roman, ils ne sont pas monolithiques. Pas tous. Cela dépend un peu de leur monde et de ce qu'il représente sur la carte. L'Homme-Dieu d'Orkaz l'est très certainement, encore qu'il ait bien du mal à se débarrasser de son humanité pour assumer son rôle de dieu-incarné sans faille. Quant à Duncan d'Irah, j'espère bien qu'il l'est, droit dans ses bottes, trop même, car c'est ce qui le définit et le rend attachant. Comment se débrouiller, quand on est un héros de légende, mais qu'on est entouré par des êtres faillibles, veules, sur qui on ne peut pas compter, des êtres humains, quoi ? Duncan était l'un des personnages principaux de la Chronique Insulaire, mais il était mort, un reflet de la légende qu'il avait laissé derrière lui. Les lecteurs l'ont adoré et voulaient savoir ce qu'il avait vécu avant de se retrouver sur l'échiquier d'Einär... J'espère ne pas avoir trop abîmé leur chéri... C'est confortable de se glisser dans les bottes d'un héros sans peur et sans reproche, mais j'ai voulu montrer que ces qualités héroïques n'étaient pas toujours si faciles à vivre, et qu'elles ne faisaient se pamer que les midinettes. Une fois que celles-ci sont devenues des femmes, comme c'est le cas de Maryanor, il leur faut un peu plus qu'une peinture préraphaélite pour les exciter... Et je pense que le lectorat de fantasy à besoin de textes un peu étoffés, dans le fond comme dans la forme, une fois passé la puberté... Ou plutôt (car il faut peut-être nuancer un peu) qu'il ne faut pas négliger le lectorat adulte. Souvent, de nos jours, on fait comme si les lecteurs de fantasy n'existaient qu'entre 13 et disons 25 ans, qu'il recherchait uniquement du divertissement pré-mâché, et qu'il ne fallait surtout pas espérer ramener (je dis bien : ramener, rendre à César !) ce genre premier dans le giron de la littérature. Tu vois ça, le bon vieux schisme entre littérature avec un grand L et roman populaire... Mais je m'égare.

EK : Parlons de toi, maintenant. Cette envie de créer des mondes, foisonnants comme ceux que tu nous offres, ça remonte à quand ?
CPA : Je ne me suis jamais trouvée à mon aise "ici et maintenant". J'ai adoré Stevenson et Jack London quand j'étais petite, puis je suis tombée dans Tolkien et dans Farmer, Moorcock et je te fais grâce de la liste : on a tous à peu près la même... Pendant mes études, j'ai été amenée à m'interroger sur la démarche créatrice des auteurs qui me fascinaient. Et, de fil en aiguille, la mienne est née...

EK : Mais il y a bien un jour où les choses ont basculé, où tu t’es mise à y croire ?
CPA : A croire en quoi ? à l'extrême jouissance qu'il y a à voyager dans son propre inconscient, dans son patrimoine culturel, dans son imaginaire ? à la frustration permanente que cela génère ? à la magie de la découverte ("c'est moi k'a fé ça ?")... ? Je ne crois qu'à une seule vérité : demain est un autre jour, laisse venir...

EK : Et la petite Claire, qu’est-ce qu’elle lisait, qu’est-ce qu’elle regardait à la télé, au cinéma ?
CPA : Le Muppet Show, L'île aux Enfants, Candy, tous les films de cape & épée possibles, les mohicans de paris, vidock, le prisonnier, Temps X, Excalibur, Conan, la Planète Interdite (mon film culte depuis toujours), les mines du roi Salomon (avec Stewart Granger, mon second film culte) etc.. Côté lecture, j'ai déjà évoqué ci-dessus quelques pistes. Je suis assez classique, j'adore Gustav Meyrinck, Potocki, Renard, Dumas, Farmer, Herbert, K Dick, Shakespeare, Tolkien, Gaston Leroux, Cervantès, Giraudoux, Anouilh, Homère, E.R. Burroughs, Howard (sans Sprague et en vo), Leiber, LeGuinn, Melville, l'Arioste, Virgile, Kippling... Bref, j'ai toujours été ecclectique, pourvu que ce soit bon.

EK : Ecrire, c’est toujours un peu technique, aussi. Alors, dis-nous tout : as-tu des manies, des horaires, des lieux, fais-tu un plan, écris-tu à la main, ou sur clavier, tout, quoi, on veut tout savoir !
CPA : J'écris toutes les nuits, de 23h à 2 ou 3h, sur mon fidèle ibook, et je corrige dans la journée sur papier. Je saisis les modifs le soir et rebelotte. Mes manuscrits sont des millefeuilles que je repasse sans arrêt jusqu'à ce que mon éditeur me l'arrache. Je n'écris jamais quand je suis en congé (je suis bien incapable de dire pourquoi) par contre je passe un temps fou à relire, à remanier, à biffer, à corriger, à reprendre, à gonfler... Je ne suis jamais un plan écrit, par contre j'ai tout en tête, une espèce de trame en plusieurs dimensions, avec les implications, la ligne directrice etc.. A partir de là, je laisse l'écheveau se dérouler, et je vérifie en permanence sa cohérence. Je suis depuis toujours une inconditionnelle des dictionnaires (synonymes, analogies...), mais actuellement ce qui me prend le plus de temps c'est l'évaluation de la mise en scène, la façon d'amener les choses. j'ai beaucoup simplifié mon style, et suis une adepte du "montrer vaut mieux que dire", bien que je sois irrémédiablement bavarde à cause d'un traumatisme remontant à mon enfance en tolkiennerie (comment faire quand on est imprégnée par la réfléxion du vieux et brave professeur d'Oxford concernant la vie, le non dit qui interpelle le lecteur quand on évoque une forêt ou une montagne au loin où il doit bien se passer quelque chose, aussi... ?)

EK : Pour la convention de Bellaing, tu as donné à Pierre Gévart une nouvelle qui parvient à marier au moins trois genres. Est-ce que, dans tes cartons ou dans tes projets il y a quelque chose comme cela, loin de Nopalep ?
CPA : Comme je l'ai dit plus haut, c'est une de mes manies. Je n'y pense pas, mais je ne peux pas m'en empêcher. Mon univers personnel n'est pas fait que de tel ou tel genre ou influence, pas plus que mes goûts ou mes aspirations. Je ne m'interdis rien, je laisse venir, et si ça tient la route c'est que cela devait être. Vive la diversité, l'originalité, le dépaysement, le plaisir... Et c'est une gageure quand on est étiquetée "fantasy", parce que pour moi, cela veut dire "tous azimuts", et surtout ailleurs que sur les terres d'un autre. La fantasy, c'est du fantasme, de la mythologie moderne, et je ne me sens pas l'âme d'un coucou. J'ai un projet en cours où il sera question dans le même espace-temps du Paris du 19e s, de l'âge de bronze, de polar, de fantasy, de fantastique, de steampunk et peut-être un peu de SF si on me cherche trop de ce côté (rire). Je ne me sens pas concernée par les sempiternels débats sur les étiquettes, les définitions, les boîtes. Ou plutôt je ne voudrais pas l'être. J'ai la chance d'avoir un éditeur courageux et ouvert d'esprit, reste à espérer que les libraires et chefs de rayon, pour ne parler que d'eux, retrouveront rapidement leurs esprits et donneront une chance aux lecteurs de pouvoir faire leurs propres choix...

EK : Et pour toi, c’est quoi, la différence entre la SF et la fantasy ?
CPA : Je passe.

EK : C’est vrai que c’est un peu vain de chercher des classifications, de mettre des barrières. Et toi, tu te sens bien avec les gens de la SF aussi. Alors, dis-moi, sur l’île déserte (non, pas Nopalep ! Déserte, j’ai dit), tu emportes dix livres : lesquels ?
CPA : Dix, c'est vraiment pas beaucoup si elle est déserte, ton île, dis !

Le Golem, de Meyrinck
Bran Mak Morn, de Howard
Don Quijotte, de Cervantès
Le manuscrit trouvé à Saragosse, de Potocki
L'intégrale de Shakespeare chez Bouquins
L'intégrale des Sherlock Holmes, d'A. Conan Doyle
Le seigneur des anneaux, de Tolkien,
Le livre des Damnés, de Charles fort
l'Eneïde, de Virgile,
l'intégrale des faiseurs d'univers, de Farmer (je triche, je sais, mais je l'aime tellement, mon Farmer)

EK : Et la question rituelle : dans l’expression "Le XXIème siècle sera… ou ne sera pas", par quel mot tu remplaces les tirets ?
CPA : Euh... Etant donné qu'il est déjà un peu entamé, je ne sais que dire. Bon, on va faire comme si on n'avait rien vu, et comme je suis une casse-pieds je t'en propose deux :

"long" ou "utopique".

18 mars 2007

Compte rendu du Salon du Livre de Mourmelonie

un weekend chargé mais intéressant dans un petit salon du livre ma foi très sympathique, dédié au fantastique cette année (mais plutôt orienté jeunesse, voire tout petits).




un auteur bien nourri est un auteur épanoui !



photos (c) Philippe Halvick

13 mars 2007

Dédicace samedi 17 et dimanche 18 mars

une semaine avant le Salon du Livre de Paris (stand Nestiveqnen A160), je serai en dédicace au Salon du livre de la Mourmelonnie à Dampierre au Temple (51). C'est à côté de Chalons en Champagne.

COMMUNIQUE :

Au programme: exposition d'illustrations originales de Caza, exposition thématique (les sorcières, les monstres), un stand libraires, un stand éditeurs (dont Nestiveqnen et La Clef d'Argent).
Auteurs présents: Alain Bérard, Alain Grousset, Magdalena Guirao Jullien, Elvire Murail, Marie-Hélène Delval, Nicolas de Hirsching, Philippe Halvick, Claire Panier-Alix.
Illustrateur: José Mendes.
Enlumineuse: Béatrice Van Den Bossche.

Horaires: samedi 17 mars de 14h à 19h, dimanche 18 mars de 10h à 18h. Informations: 03 26 66 57 07.

La « Communauté de Communes de la Région de Mourmelon » organise la troisième édition du « Salon du Livre de la Mourmelonnie » en milieu rural, du jeudi 15 au dimanche 18 mars à la salle polyvalente de Dampierre au Temple.
Cette manifestation est initiée par les élus et acteurs de l’intercommunalité regroupant les 8 communes de Mourmelon le Grand, Mourmelon le Petit, Bouy, Livry Louvercy, Baconnes, Vadenay, Dampierre au temple et Saint Hilaire au Temple.
Un thème différent est développé à chaque nouvelle édition, ce thème sert de fil rouge et de support aux travaux des enfants des écoles, cette année le « fantastique » est à l’honneur.
L’une des particularités de ce salon, qui n’est pas un salon du livre jeunesse, est de s’adresser tout particulièrement aux enfants des écoles en sollicitant des projets et en proposant des stands de présentation de ces projets. En effet, dès la rentrée scolaire de septembre, une malle de livres circule dans chacune des classes des établissements scolaires de la Mourmelonnie pour proposer des auteurs et des livres susceptibles d’impliquer les enseignants et les enfants dans la construction d’un projet. Chaque classe peut également recevoir le soutien d’un auteur, l’aidant ainsi à finaliser ou enrichir le projet de la classe. Enfin, le projet terminé est exposé en bonne place sur le salon du livre. Cette année, sur quarante quatre classes sollicitées, quarante deux souhaitent visiter le salon, et trente et une proposent un projet. La mission des organisateurs est d’imaginer l’accueil et le déplacement de tout ce petit monde à Dampierre au Temple.
L’accueil des écoliers se déroulera les jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17 mars matin, aux heures scolaires. _ Le samedi après-midi et la journée du dimanche est réservée à l’accueil du public.

L’entrée est naturellement gratuite

* Contact : Salon du livre de la Mourmelonnie
* Tél : 03 26 66 55 13.
_________________
"La littérature n'est qu'une branche de la littérature fantastique" - (Jorge Luis Borges)
mon site : http://panieralix.free.fr/index.htm
mon blog : http://claire-panier-alix.blogspot.com/

Citation du jour


L'écriture ressemble à la prostitution. D'abord on écrit pour l'amour de la chose, puis pour quelques amis, et à la fin, pour de l'argent.

Molière

j'ajouterai qu'il est illusoire de dire qu'on écrit pour l'amour de l'art. On le fait pour l'amour, oui, mais pour l'amour après lequel on court, celui qui nous reconnaîtrait malgré les masques et les fards que la société nous impose. On écrit parce qu'on croit qu'on saura exprimer, ou plutôt expulser la chose qui nous étouffe et sur laquelle on n'arrive à coller aucun mot. On écrit parce qu'on espère qu'on nous aimera pour ce que l'on est, pour ce qu'on dévoile de soi par cet exercice périlleux. On écrit parce qu'on est un peu suicidaire, parce qu'on ne peut pas faire autrement. On écrit parce que c'est extrêmement jouissif, par moment, entre deux phases de deuil, de frustration, de doute, de mortification.

l'écriture est une sorte de fuite en avant, de chute constante. Mais quelle chance, par rapport à ceux qui n'ont même pas cet exutoire, ce semblant de sens et de raison d'être !

12 mars 2007

Les secrets bien gardés de Teotihuacán




L'information date un peu, et je n'ai pas réussi à mettre la main sur la publication des résultats de l'expérience, s'ils sont sortis depuis. Toutefois, puisque je suis en train d'écrire sur Teotihuacan, qu'une partie du roman est liée à la caverne et aux tunnels et chambres qui se trouvent dessous, et puisque je reviens du Mexique où l'on explique aux touristes que les pyramides sont pleines, je trouve ce papier trèèèès intéressant. D'une part il confirme qu'elle n'est pas pleine, et que les archéologues ont effectivement trouvé au moins un tunnel, la caverne (avec le cenote) et les chambres, et d'autre part que le lien mystique que j'établis dans le roman (qui reste un roman de fantasy) entre Teotuhuacan et le monde des dieux, mais aussi avec les scientistes atlantes, est vraissemblable... enfin, façon de parler :-)

Courrier International
28/08/2003, Numero 669
Des rayons cosmiques venus du fin fond de l'Univers vont sonder l'intérieur d'une pyramide deux fois millénaire de la "cité des dieux", près de Mexico, à la recherche du mystérieux passé d'une civilisation pré-aztèque.

NEW SCIENTIST
Londres


CONTEXTE
Précédent
Dans les années 60, Luis Alvarez, de l'Université de Californie à Berkeley, avait déjà utilisé un détecteur de rayons cosmiques pour explorer la pyramide de Khephren, située à une dizaine de kilomètres du Caire, en Egypte. En raison d'une des nombreuses guerres qui ont éclaté dans la région, les recherches ne purent être parachevées, mais elles permirent tout de même à Luis Alvarez d'affirmer dans la revue Science qu'il n'avait découvert aucune chambre.




Lorsque Arturo Menchaca était étudiant en physique à l'université d'Oxford, il n'aurait jamais pensé que sa passion pour les particules subatomiques le mènerait à l'archéologie. Dans quelques jours, pourtant, Arturo Menchaca, responsable de l'Institut de physique de l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM), fouillera des tonnes de terre et de pierres à la recherche du tombeau d'un roi disparu il y a plusieurs siècles. Pour ce faire, il se servira d'un détecteur de rayons cosmiques, un instrument hors du commun, même à notre époque où l'archéologie fait appel à la haute technologie. Le physicien pense que les particules d'énergie élevée qui bombardent la Terre depuis l'espace permettront de dévoiler les secrets d'un monument vieux de deux mille ans : la pyramide du Soleil de Teotihuacán, près de Mexico.
La cité de Teotihuacán a été fondée en 400 av. J.-C., avec l'arrivée des premiers hommes dans la région. C'était la plus grande métropole des Amériques, la capitale d'une civilisation complexe qui a prospéré bien plus longtemps que la civilisation romaine. Mais c'est à peu près tout ce que nous savons d'elle. Par exemple, nul ne sait si elle était gouvernée par des monarques absolus, comme c'était le cas dans la plupart des cultures antiques, ou si elle était dirigée par une coalition représentant les familles les plus puissantes. Même le nom originel de la cité reste inconnu. Pour des raisons obscures, elle s'est dépeuplée autour du VIIe siècle de notre ère. Plus tard, les Aztèques la découvrirent désertée et en déduisirent que la région était peuplée d'êtres surnaturels. C'est pourquoi ils la nommèrent Teotihuacán, la "cité des dieux" dans leur langue, le nahuatl.
"Malheureusement, Teotihuacán n'a pas d'histoire. Nous ne disposons d'aucune source, orale ou écrite, susceptible de nous aider à comprendre le passé de la cité", regrette Linda Manzanilla, archéologue à l'Institut de recherches anthropologiques de l'UNAM.
L'une des plus grandes questions non élucidées de Teotihuacán concerne ses origines : qui a fondé et dirigé cette cité sacrée ? Les archéologues pensent que la réponse se trouve dans les chambres royales qui sont enfouies sous le site, mais les fouilles entreprises il y a plusieurs dizaines d'années n'ont rien révélé. La réponse viendra-t-elle de l'espace ? C'est ce que pense Arturo Menchaca. Lorsque les rayons cosmiques [un ensemble de particules de haute énergie parcourant l'Univers dans toutes les directions, dont on ne connaît pas la source exacte] pénètrent dans l'atmosphère terrestre, il se produit une collision violente mais invisible qui génère des millions de muons, minuscules particules qui ne vivent qu'un millionième de seconde. Durant ce bref laps de temps, les muons parcourent des dizaines de kilomètres et traversent la plupart des matériaux sans interaction - ou presque. En effet, à chaque obstacle traversé, une infime partie des muons est absorbée. Plus le matériau est dense, plus l'absorption est importante. Installé sous une structure quelconque, comme la pyramide du Soleil, le détecteur de rayons cosmiques permettra de mesurer indirectement la densité de la matière qui se trouve au-dessus. "Si nous détectons plus de particules que prévu en provenance d'une certaine direction, nous pourrons conclure à la présence d'un trou", explique Arturo Menchaca.
Le détecteur ressemble à un cube de 1 mètre de côté. Le dessus et le dessous du cube sont revêtus de scintillateurs qui génèrent un signal électrique et de la lumière quand ils sont percutés par des particules d'énergie élevée. Sachant qu'il faut moins d'une nanoseconde aux muons pour traverser le cube, la présence de muons sera confirmée si les deux couches de scintillateurs émettent un signal dans ce laps de temps. D'après les estimations d'Arturo Menchaca, si la pyramide du Soleil ne recèle pas de compartiments, le détecteur devrait comptabiliser 100 particules par seconde. Si ce chiffre est plus élevé, les chercheurs en déduiront qu'il existe une chambre cachée.



La phase de détection ne représente qu'une partie du travail. Les chercheurs doivent également déterminer de quelle direction proviennent les muons. Pour ce faire, 1 200 fils électriques ont été tendus dans différentes directions à l'intérieur du cube. Quand ils traversent le détecteur, les muons ionisent l'air, provoquant un champ électrique qui altère les courants circulant dans les fils.
Plus les fils sont proches de la trajectoire des muons, plus les effets sont importants. Ainsi, les chercheurs peuvent se fonder sur l'emplacement des courants altérés pour déterminer la trajectoire des muons dans le détecteur et a fortiori dans la pyramide. S'ils remarquent un nombre de muons anormalement important en provenance d'une direction particulière, ils en déduiront qu'ils ont traversé une chambre cachée.
Dernier détail : comment placer le détecteur sous la cité ? Creuser une chambre serait une solution définitive, onéreuse et susceptible de détériorer le patrimoine archéologique. Sur ce point, les chercheurs de Teotihuacán ont eu de la chance. Les premiers habitants de la cité avaient creusé un tunnel qui mène presque au coeur de la pyramide du Soleil. L'entrée est étroite mais le reste de la galerie est très spacieux. Longue de plus de 100 mètres, elle débouche sur une grande caverne qui donne sur plusieurs chambres. "L'endroit se prête parfaitement à notre expérience", se réjouit Arturo Menchaca. L'année dernière, le physicien a installé un prototype du détecteur au beau milieu de la caverne. Après des tests concluants réalisés sur le matériel et les logiciels, lui et ses collègues de l'UNAM ont construit la version finale de la machine.
Dans quelques jours, le détecteur de Teotihuacán sera placé sous la pyramide ; il y restera toute une année pour compter des millions de muons. Des gigaoctets de données seront transférés en continu sur un ordinateur situé 40 kilomètres plus loin, à l'UNAM. Là, les scientifiques décortiqueront les chiffres à la recherche d'une chambre cachée qui pourra être localisée avec une précision de cinquante centimètres. S'ils venaient à trouver une chambre royale, le plus dur resterait à faire : creuser à partir de données obtenues grâce à des rayons cosmiques. Toutefois, compte tenu du fait que les scientifiques connaîtront l'emplacement précis de la chambre, les travaux causeront moins de dégâts qu'une fouille aveugle. Si les scientifiques venaient à localiser une chambre royale, que seraient-ils susceptibles d'y trouver ? De l'or et des émeraudes attestant de la prospérité des anciens rois ? Ou de simples ossements ?
Linda Manzanilla a étudié les nombreuses fresques découvertes à Teotihuacán (aucune d'elles ne représente les monarques) et en a déduit que les habitants de la cité ne glorifiaient pas leurs dirigeants. Elle pense plutôt que le pouvoir était partagé. "L'ensemble de la cité était divisé en quatre grands secteurs. Ce chiffre, quatre, est récurrent dans l'art de Teotihuacán, ainsi que dans la place centrale d'un palais que je fouille actuellement près de la pyramide du Soleil. Tous ces signes laissent penser qu'il existait une coalition politique stable composée de quatre dirigeants", livre-t-elle. Dans un an, nous saurons sans doute, grâce aux rayons cosmiques, si l'hypothèse de Linda Manzanilla est la bonne.




Gonzalo Argandoña

07 mars 2007

Critique de Sang d'Irah


du nouveau sur mon blog "revue de presse" (cliquer sur le titre pour l'atteindre)

05 mars 2007

CENSURE CHEZ MANGO ? DROIT DE REPONSE DE L'EDITEUR

Comme je le signalais dans mon message du 15 février 2007 concernant la pétition "Mango", je suis l'affaire et le droit de réponse de l'éditeur que j'attendais est tombé.
Lorsque j'ai signé la pétition, je nuançais ma position.

voici ce qu'en dit l'éditeur :

La réponse de Mango et Fleurus



Droit de réponse



Monsieur le Directeur de la Publication

J’ai pris connaissance de l’éditorial, du Forum et des différents articles que votre site électronique actusf a consacré au roman de Nathalie Le Gendre intitulé « Les Orphelins de Naja ».

Il me semble que la déontologie du journalisme exige de ne reproduire une information qu’après en avoir vérifié la véracité et de ne relayer une accusation lancée contre une personne, physique ou morale, qu’après avoir permis à cette personne d’exposer son point de vue. Je ne doute pas que sont bien vôtres ces exigences qui sont à la base du respect mutuel qui permet le « vivre ensemble » en démocratie. Je suis donc étonné que vous ayez publié vos communications sans prendre la peine de nous contacter pour connaître notre point de vue. Ce point de vue, il me paraît utile de le faire connaître à vos lecteurs, afin que ce soit librement qu’ils se forgent une opinion.

La collection Autres Mondes, dont nous sommes fiers d’être les Editeurs, est composée de publications destinées à la jeunesse. Au-delà de ses qualités littéraires, le mérite de cette collection est de permettre aux jeunes de réfléchir à des questions de société, à partir d’une histoire passionnante transposée dans le futur.

En tant qu’Editeurs, nous adhérons totalement à ce projet. Cependant, les ouvrages étant publiés sous notre marque, il nous revient de garantir qu’ils conviennent au public visé, tant sur le plan de la forme que du fond. Cette responsabilité est un élément essentiel de la déontologie de notre métier.

De toute façon, si nous jetions aux orties notre déontologie pour ne juger les manuscrits qu’à l’aune de critères commerciaux et financiers, la Loi de la République nous rappellerait aussitôt à nos devoirs. En effet, l’édition des publications destinées à la jeunesse est régie par la loi du 16 juillet 1949, version consolidée au 5 janvier 1988, qui édicte des responsabilités très contraignantes pour les éditeurs : « Les publications visées à l’article 1er [destinées aux enfants et adolescents] ne doivent comporter […] aucune insertion […] de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques » Or, l’on sait qu’aujourd’hui, Convention européenne des Droits de l’Homme aidant, sont assimilés à des préjugés ethniques les préjugés fondés sur l’appartenance ou la non appartenance à une religion. La loi précise par ailleurs : « A l’égard des infractions prévues à l’article 2 de la présente loi, les directeurs ou éditeurs seront, pour le seul fait de la publication, passibles comme auteurs principaux des peines portées à l’article 7. » L’Editeur a donc au premier chef le devoir et la responsabilité de veiller à ce que les publications pour la jeunesse qu’il édite, ou envisage d’éditer, respectent les jeunes lecteurs et les lois qui le défendent.

C’est dans ce contexte déontologique et législatif que le Directeur éditorial de Mango- Jeunesse, M. Christophe Savouré, a indiqué au Directeur de collection, Denis Guiot, qu’il ne publierait pas en l’état le dernier manuscrit de Nathalie Legendre et qu’il souhaitait en discuter avec l’Auteur.

En l’occurrence, c’est une contre-vérité de prétendre que M. Christophe Savouré ait dit que « cet ouvrage ne paraîtrait pas ». Il a dit, en substance, qu’il ne pouvait pas publier cet ouvrage en l’état, mais qu’il souhaitait, avec l’Auteur, débattre des problèmes que lui semblait poser sa publication. La qualité littéraire de l’ouvrage n’est bien-entendu pas en cause. Dans l’absolu, son contenu ne l’est pas non plus. Il est même assez remarquable. Mais le sujet traité, la pédophilie, oblige à s’interroger sur la manière dont l’histoire et ses péripéties vont être reçues par des jeunes « à partir de 11 ans ».

Permettez-moi de m’étonner que, sans avoir lu la moindre ligne de ce livre, vous vous laissiez aller à colporter des jugements aussi gratuitement malveillants sur l’attitude de son Editeur. Je me permets de suppléer succinctement votre ignorance. L’histoire se passe au XXIIIe siècle sur une planète nouvellement colonisée où des enfants « défavorisés » sont « déportés » pour être « rééduqués » sous l’autorité de « l’Eglise » et de « l’Armée ». Finalement, on découvre que « l’Eglise » a mis en place des réseaux pédophiles qui se fournissent en « chair fraîche » dans les orphelinats qu’elle dirige. Sur cette planète dédiée, presque tous sont complices et participants : soeurs, frères, Mère supérieure, prêtres et évêques.

Quel est le problème ? Il a semblé aux responsables éditoriaux que si des adultes ou des grands adolescents étaient capables, grâce à ce beau livre, de réfléchir, sans faire de transpositions abusives, à l’existence bien réelle de la pédophilie dans des institutions comme l’Eglise, il existait des risques que des enfants de 11, 12 ou 13 ans soient conduits à faire des amalgames susceptibles de nourrir chez eux des préjugés simplistes. Le livre se retournerait alors contre son objet qui est d’apprendre aux jeunes à éclairer leur discernement face aux conditionnements que peuvent leur imposer les membres des institutions.

Pour mieux vous faire comprendre notre position, je vais moi aussi faire une transposition. Il y a eu et il y a des enseignants pédophiles. Imaginez qu’un livre propose l’histoire suivante : Au XXIIIe siècle, sur une planète nouvellement colonisée, des enfants sont déportés pour être abusés sexuellement au sein de « l’Education nationale » qui est présentée, en tant qu’institution, comme organisatrice de réseaux pédophiles. Ce livre, aussi remarquable serait-il par ailleurs, le mettriez-vous dans les mains de jeunes de 11, 12 ou 13 ans, sans au moins en avoir débattu auparavant, sans avoir bien pesé le pour et le contre avec l’Auteur ?

Ce livre pose bien d’autres questions, toujours dans la mesure où il entre dans une collections qui s’adresse à des jeunes « à partir de 11 ans ». Le viol d’une jeune fille de 13 ans, par son tuteur, est raconté d’une manière, certes jamais complaisante, mais assez impressionnante et réaliste et, surtout, ce viol peut être compris par de jeunes lecteurs comme une bonne action (il s’agit de mettre la victime enceinte pour lui éviter d’être envoyée dans une maison de passe). L’usage de la drogue, qui est généralisée chez ces millions de malheureux enfants, peut être compris comme le seul moyen d’échapper aux difficultés de l’existence, etc. Bref, ce sont des questions qu’un Editeur responsable doit se poser avec l’Auteur avant de publier un ouvrage pour la jeunesse. Quitte à consulter des spécialistes pour éclairer le discernement.

Pour finir, je me tiens à votre disposition pour commenter toutes les erreurs de fait contenues dans vos communications, afin que vous puissiez informer vos lecteurs en toute connaissance de cause, et non sur les seules allégations de M. Denis Guiot.

Vous êtes responsable d’un organe de presse, vous êtes donc particulièrement sensible à tous les enjeux éthiques de la transmission de l’information. Je veux croire, même si vous ne partagez pas toutes nos raisons, que vous saurez, dans une juste mesure, leur faire droit. Et je ne doute pas que vous aurez l’honnêteté intellectuelle de les diffuser aussi largement que vous avez cru devoir diffuser des « informations », qui, quand on connaît les faits, relèvent de la catégorie des rumeurs tendancieuses.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur de la publication, l’expression de mes sentiments distingués et respectueux.

Pierre-Marie Dumont
Président des Editions Mango
Directeur Général du Groupe Fleurus

P.S. De surcroît, il est apparu à l’Editeur que, tel quel, l’ouvrage pouvait risquer de tomber sous le coup de la Loi. L’article 29 créé par la Loi 1881-07-29 prévoit que : « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication […] de cette allégation ou de cette imputation est punissable même si elle vise une personne ou un corps non expressément nommé, mais dont l’identification est rendue possible par les termes du discours… » L’article 32 ajoute : « La diffamation commise […] envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance ou non appartenance à […] une religion sera punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende… »

un droit de réponse un peu menaçant et sur la défensive, mais bon, n'ayant pas lu le roman je suis bien incapable de dire qui est de bonne foi et qui ne l'est pas. Ce que j'aimerais savoir, c'est l'âge réel des lecteurs de la collection Autres Mondes. A ma connaissance, et après en avoir lu quelques uns, bien qu'étiquetée 11 ans, ce serait plutôt les adolescents qui seraient ciblés depuis des années...

DEDICACES DE MARS

Ereintée par mon voyage au Mexique (j'en reviens tout juste), je ne serai pas au festival de Chambourcy le weekend prochain, mon planning de mars étant trop chargé (la bête à besoin de récupérer un peu, et un manuscrit à boucler dans les semaines à venir...)

Par contre, je serai Salon du livre de la Mourmelonnie à Dampierre au temple (51) la semaine suivante (17 et 18 mars)

Et bien entendu, au Salon du Livre de Paris, les 23, 24 et 25 mars, stand Nestivequen (A160) toute la journée.

21 février 2007

Cadeau !

(clic ! pour agrandir)
Spécial salon du livre : un CD-audio offert contre l'achat de tout volume de la Chronique Insulaire

ce CD collector qui comporte mon oeuvre posthume (explications sur place) contient une pièce radiophonique que j'ai écrite il y a quelques années en hommage à Edgar A. Poe et H.P. Lovecraft.

16 février 2007

DEDICACES DE MARS, AVRIL et MAI 2007

PROGRAMME CHARGE POUR LE RETOUR DES BEAUX-JOURS :

après un séjour de 10 jours en Amérique Centrale, le marathon des dédicaces reprend :

Salon du livre de Chambourcy
11 mars 2007

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Salon du livre de la Mourmelonnie à Dampierre au temple (entre Reims et Chalons en Champagne)
thème cette année : le fantastique
17 et 18 mars 2007

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SALON DU LIVRE DE PARIS
HALL 1 23-25 MARS 2007
stand NESTIVEQNEN A160
personnellement, j'y serai toute la journée les vendredi, samedi et dimanche.



Vendredi 23 MARS

14-15 H : Charlotte Bousquet et Nicolas Cluzeau
15-16 H : Mélanie Fazi et Manou Chintesco
16-17 H : Claire Panier-Alix et Jérôme Noirez

• Samedi 24 MARS

10-11 H : Jérôme Noirez, Nicolas Cluzeau, Luc Verdier
11-12 H : Fabienne Leloup et Manou Chintesco
14-15 H : Charlotte Bousquet et Didier Quesne
15-16 H : Mélanie Fazi et François Darnaudet
16-17 H : Claire Panier-Alix et Catherine Dufour
17-18 H : Thomas Hervet, Anaïs Cros, Fabrice Anfosso

• Dimanche 25 MARS

11-12 H : Anaïs Cros, Fabrice Anfosso et Nicolas Cluzeau
14-15 H : Charlotte Bousquet, Thomas Hervet, Luc Verdier
15-16 H : Mélanie Fazi, Manou Chintesco et Fabienne Leloup
16-17 H : Claire Panier-Alix et Catherine Dufour

• Lundi 26 MARS

15-16 H : Charlotte Bousquet et Nicolas Cluzeau

• Mardi 27 MARS

16-17 H : Charlotte Bousquet et Nicolas Cluzeau

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Rencontre autour de la Fantasy
Bibliothèque de Paray Vieille Poste
43 av. A. Briand
91550 Paray-Vieille-Poste
11 & 12 mai 2007 am



Festival TROLLS & LEGENDES
Mons, Belgique 7-8 AVRIL 2007
invité d'honneur :
Alan Lee !

Autour du thème des Magiciens & Sorciers, entrez dans le monde de Harry Potter, Merlin et Gandalf, vivez deux jours de magie dans l'univers de la Fantasy, avec des concerts, des animations, une convention de jeux, de nombreuses animations pour petits et grands, un marché féerique et une cinquantaine d’auteurs pour un moment inoubliable !

Invité d'honneur
Alan Lee
illustrateur, directeur artistique du film "Le Seigneur des Anneaux"

Concerts
Urban Trad, Corvus Corax, Omnia, Faun, Naheulbeuk, The Moon and the Nightspirit, Soysoy et Les Légendes du Temps.

Bande dessinée
Jérôme Lereculey (Arthur), Marion Poinsot (Le Donjon de Naheulbeuk), Pierre Dubois (Le Grimoire du Petit Peuple), René Hausman (Le Crépuscule des Elfes), Jean-Claude Servais (Tendre Violette), Yves Swolfs (Légende), Bosse (Zowie), Olivier Brazao (Les Sheewowkees), Xavier Fourquemin (Outlaw), Frédéric Genêt (Samuraï), Béatrice Tillier (Fée et Tendres Automates) , Christian Verhaeghe (Les Contes de Mortepierre), Didier Poli (L'enfant de l'Orage), Steven Dupré (Kaamelott), Mauricet (Mort de Trouille), Christian Darasse (Zowie), François Tasiaux (La Loi du Chaos), …

Littérature
Auteurs:
Stan Nicholls (Les Orcs), Xavier Mauméjean (Car je suis Légion), Laurent Genefort (Omale), Edouard Brasey (L'Encyclopédie du Merveilleux), Claire Panier-Alix (La Chronique Insulaire), Mélanie Fazi (Arlis des Forains), Denis Labbé (Etude sur Harry Potter à l'Ecole des Sorciers), Sire Cédric (Angemort), P.J. Hérault (Régression), Philippe Ward (La Fontaine de Jouvence), Sylvie Miller (Le Chant de Montségur), John Lang (Le Bouclier Obscur), Laurent Whale (Le Chant des Psychomorphes), Simon Sanahujas (Suleyman), Franck Guilbert (Et la Lumière Disparaît), Olivier Bidchiren (Dans l'Antre des Esprits), Michel Rozenberg (Les Maléfices du Temps), Guillaume Van Meerbeeck (La Prophétie des Anges), Alain le Bussy (Ultima), Rose Berryl (Damenndyn), Philippe Halvick (Chrysalide), Véronique Bacci (Alteha), Damian Eicker (L'Enfant de la Mort), Murielle H. Essling (La Guerre des Immortels), Michelle Huenaerts (Thomas Robin), Sandrine Gestin (La Petite Faiseuse), Martine Fassier (illustratrice), Hervé Gourdet (Petit Guide de Féerie en Ardenne), Godo (Petite Anthologie des Farfadets)...

Editeurs, fanzines, associations
Colexia, Faiseurs, Beez, Noir Dessin, Nuits d'Avril, Eons, Géante Rouge, Iceberg, Tremplin, La Nef des Fées, Anthêsis, Harry Potter Forever, Tolkiendil, Fée Divers, Tolkiendil, Borderline, Présence d'Esprits, ActuSF, Raxxon, Méluzine, Région de la Bretagne...

Exposition
Michel Borderie, Krystal Camprubi, Jérôme Cervera, Martine Fassier, Valérie Frances, Laurence Peguy, Agnes Thot, Fabiola Irina Vargas, Helcanen.

Jeux
Jeux de rôle, jeux de cartes, jeux de plateaux, tournois...
2ème Fantastique.Convention

Cinéma
Festival de courts-métrages fantastique, projections d'animes.
Invité: David Sterne (Harry Potter et la Coupe de Feu, Pirates des Caraïbes)

Marché artisanal et féerique
Plus de 40 exposants: statuettes, vêtements, jouets...

Animations
Ecole d'apprentis-sorciers, spectacle de magie, troubadours, concours de déguisement, chasse aux oeufs de trolls....

Et bien d'autres choses encore...

Entrée: 3€, dès 10:00
Prévente concerts: 15€ (FNAC)

http://www.trolls-et-legendes.be

15 février 2007

PETITION ADRESSEE AUX EDITIONS MANGO PAR LE MILIEU DE L'EDITION (ÉDITEURS, AUTEURS)

Personnellement, j'aimerais assez que l'éditeur se manifeste et donne sa version.
Par principe, parce que c'est odieux, la censure concernant un texte juste avant sa sortie, quel qu'il soit, alors qu'il avait été accepté et le contrat signé, me gêne. Je travaille actuellement sur un roman pour une autre collection des éditions Mango, et je n'ai pas été confrontée à ce problème. Je ne l'accepterais pas. Mais s'il s'avèrait qu'effectivement, il y a de la censure, voire même juste de la pression pour (re-)orienter des textes préhalablement acceptés, je ne me sentirais pas de poursuivre. J'ai toujours entretenu des rapports de confiance avec mes éditeurs, et 10 ans de Nestiveqnen ne m'ont pas habituée à ce genre de pratiques, par ailleurs contraires aux raisons pour lesquelles j'écris et prends le risque d'être publiée.
Par contre, s'il se trouvait que ce qui est arrivé pour le roman de Nathalie Legendre ne s'est pas passé comme on nous l'a rapporté afin de nous faire réagir, je retirerais ma signature de cette pétition, tout aussi choquée, et le ferais savoir.
J'espère que cette pétition fera avancer les choses plutôt qu'elle ne les envenimera.

Claire, signataire

_____________________

Monsieur le Directeur
Éditions Mango Jeunesse
15/27 rue Moussorgski
75018 Paris

Monsieur,

Nous, signataires de la présente, avons découvert avec stupéfaction, sur divers supports internet liés à nos professions, le communiqué suivant, émanant du directeur de la collection « Autres Mondes », M. Denis Guiot :

"La direction éditoriale de Fleurus - Mango Jeunesse vient de m'annoncer que le roman de Nathalie Le Gendre Les Orphelins de Naja – que j'avais prévu de publier en mai 2007 dans la collection "Autres Mondes" que je dirige – ne paraîtra pas. La raison : le roman de Nathalie dénonce certaines pratiques pédophiles au sein d'une Église du futur (l'histoire se passe au XXIIIe siècle) sur une planète nouvellement colonisée. La direction éditoriale « ne veut pas d'emmerdes avec les actionnaires ». C'est vrai que, dans une collection appartenant à un groupe publiant nombre d'ouvrages religieux et leader du marché européen du missel, ça ferait désordre…"

Denis Guiot


Sachant que :
- Denis Guiot est reconnu depuis de nombreuses années pour sa compétence éditoriale et bénéficiait en outre d’une « totale liberté éditoriale » pour la direction de cette collection, réaffirmée, lors du rachat de Mango, par la nouvelle direction éditoriale,
- le roman de Nathalie Le Gendre avait été accepté par le directeur de la collec­tion « Autres Mondes » et s’inscrivait donc dans la déontologie de cette collection,
- ce roman, tel qu’il est défini dans le communiqué ci-dessus, ne diffâme aucune personne ou institution existante, mais transpose simple­ment dans le futur un pro­blème de société grave, réel, avéré, porté à plusieurs reprises à la connaissance du public,

nous considérons donc que l’interdiction de publication de ce roman, que ne justifie aucun impératif technique, littéraire ou légal, équivaut à un acte de censure pure et simple, exercé par un groupe de presse et d’édition d’obédience catholique.

Vouloir censurer un tel sujet – la perversion pédophile de certains prêtres – pour­rait de plus être interprété comme un silence au mieux coupable, au pire complice.

Nous, soussignés, vous demandons donc, Monsieur, en accord avec votre direction, de revenir instamment sur votre décision et autoriser la parution de ce roman à la date et dans les conditions prévues par le contrat qui lie son auteur à votre maison d’édition.


Vous aussi, signez la pétition !

Il suffit pour cela d'envoyer un mail à : redaction@actusf.com

Avec vos noms, prénoms, profession et ville ou code postal.

10 février 2007

SOUTIEN AUX EDITEURS INDEPENDANTS ET AUX REVUES FACE AUX ABUS DE LA POSTE

(cliquez sur le titre pour accéder à la pétition)

La Poste est un des outils privilégiés de diffusion des livres et revues littéraires des éditeurs indépendants, auprès des libraires, des bibliothèques et du public.
Or, les transformations de La Poste, l'abandon des tarifs particuliers ou intermédiaires, la libéralisation des services, les fermetures de bureaux, mettent aujourd'hui leur existence en danger. Ceci porte préjudice aux écrivains, à la création littéraire, aux éditeurs, aux libraires, aux lecteurs, comme à toute la chaîne du livre (graphiste, photographe, imprimeur...).
Des tarifs postaux abusifs, la réduction programmée à l'accès des tarifs "presse" par de nouvelles contraintes administratives, l'abandon des tarifs réduits ("coliéco" "sacs postaux de librairies"... le refus de La Poste d'appliquer le tarif "livres et brochures" sur le territoire national), etc... remettent en question la pérennité de l'édition indépendante, et par voie de conséquence, entravent le droit d'expression, réduisent l'économie du livre et affaiblissent la démocratie.

Des centaines de petites structures éditoriales sont aujourd'hui contraintes à réduire ou à cesser leur activité.

Les soussignés s'inquiètent de cette situation et demandent à l'Etat, aux ministères concernés et à la direction de l'entreprise publique La Poste de créer un tarif préférentiel pour les livres et les revues (indépendamment, pour celles-ci, de l'attribution, ou non, d'un numéro de commission paritaire), afin de garantir pour demain la diversité culturelle et la libre circulation des idées.

Si vous jugez comme nous que le sujet est d'importance, n'hésitez pas à faire circuler l'adresse de cette page ( http://www.cynthia3000.info/petition/?petition=3 ). Vous pouvez également télécharger le document original pour l'imprimer et le faire signer autour de vous, et le renvoyer (à : Atelier du Gué - 11300 Villelongue d'Aude).

07 février 2007

PARUTION : GEANTE ROUGE



À PARAÎTRE le nouveau numéro de la revue Géante Rouge pour lequel la rédaction m'a demandé de commenter les nouvelles au sommaire.
Un entretien de votre servante, un article sur Sang d'Irah et un extrait de Sang d'Irah 2 sont également au programme.

Si un numéro de GEANTE ROUGE vous intéresse : c'est très simple. Il vous suffit d'envoyer des timbres du pays où vous résidez pour l'équivalent de 3 euros ou un peu plus (en France : 6 timbres courants). Ou encore de vous abonner (12 euros, port compris pour 4 numéros), par chèque ou virement

Géante rouge
34 rue Jean Jaurès
59135 - Bellaing
http://page-sf.monsite.wanadoo.fr/page1.html

06 février 2007

MON PAPA C'ETAIT QUELQU'UN





Tu avais plusieurs visages, et les gens qui t’ont connu ont tous une image différente de toi: fier, drôle, têtu, passionné, dur, attentif, exigeant. Solide.
Tu étais le fils unique de gens bien qui ont fait de toi quelqu’un de droit sachant ce que tu voulais, avec le sens des responsabilités. Très tôt, tu as décidé que tu aurais une famille nombreuse, tu nous a eus, nous cinq, et tu nous as élevés avec maman suivant les principes qui t’ étaient chers. Tu as beaucoup sacrifié pour cela, et bien que nous n’ayons pas tous eu le parcours dont tu avais rêvé, tu nous as donné tous les éléments dont nous aurions besoin pour nous en sortir.
Nous sommes cinq, tous très différents les uns des autres, mais peut-être tous avec une facette de ta personnalité et de ta vie, que ce soit dans nos aspirations, dans nos caractères ou dans nos décisions.


Tu avais donc plusieurs visages, peut-être parce que plusieurs origines.
La Guadeloupe, où tu es né et as vécu jusqu’à l’âge de 13 ans, la tête pleine de soleil, d’épices, de musique et de couleurs.
La Haute-Saône, berceau des Panier. Une région rude et belle où tes ancêtres ont toujours dû se battre pour vivre, un de ces coins où les caractères sont entiers et fiers, et où la notion de famille tient presque de l’esprit de clan.
Toi, Papa, tu étais ce mélange d’un homme droit et sans concession, qui aimait discuter, convaincre, débattre, parler fort, taper du poing sur la table mais aussi rire et t’occuper de tes roses, chanter le Blues du dentiste d’Henri Salvador et le bel canto de Pavarotti. Tu étais bon danseur, et tant que tes jambes te l’ont permis tu as essayé de nous enseigner ton fameux « petit » pas. Tu étais aussi un artiste de talent dont les tableaux au pastel faisaient notre fierté, et un informaticien pétri de rigueur et au sens de l’organisation poussé.
Tu as toujours été celui qui s’occupait de tout, celui vers qui tous se tournaient ou se défaussaient, parce que tu étais aussi un homme de devoir. Aujourd’hui, nous devons te dire adieu, et nous, ta famille, ton cercle, nous sommes un peu perdus. Dorénavant, il va falloir nous débrouiller seuls, en nous disant que tu ne seras plus là en cas de besoin.
Tu portais toute la famille sur tes épaules. Je l’ai dit, tu étais fils unique, tu avais rêvé de fonder une famille nombreuse, tu en étais le cœur, la charpente, le pilier central.
Tchao, papa, « gousse d’ail » comme tu aurais dit. Nous ferons de notre mieux pour que tu sois fier de nous et pour que ton rêve continue.

02 février 2007

INFO

En raison du décès de mon père hier, je ne serai pas présente au Festival de Nogent demain.